Gérard Collomb auditionné lundi à 10 heures à l'Assemblée — Affaire Benalla

Pierre Vaugeois
Juillet 22, 2018

Les gardes à vue des cinq suspects, dont celle d'Alexandre Benalla, collaborateur d'Emmanuel Macron, ont été levées samedi soir dans l'enquête sur les violences commises le 1er mai à Paris. Ils doivent être présentés ce dimanche à un juge d'instruction, a annoncé le parquet.

Côté judiciaire, la garde à vue d'Alexandre Benalla, notamment pour violences et usurpation de fonction, qui a commencé vendredi matin, pourrait durer jusqu'à dimanche matin.

Ces trois agents ont déjà été suspendus de leurs fonctions jeudi pour avoir le soir du 18 juillet "communiqué à un tiers" - selon les termes du ministère de l'Intérieur - des images de vidéosurveillance de la ville de Paris remontant au 1er mai.

Le domicile de M. Benalla à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) a été perquisitionné dans le même temps. "M. Benalla est en outre visé pour des faits de " port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique " et de " complicité de détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection ". SA garde à vue a été prolongée ce samedi. Alexandre Benalla était "accompagné ce jour-là de Monsieur Vincent Crase, un gendarme réserviste, par ailleurs employé de la République en marche, très ponctuellement mobilisé, comme d'autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République", indiquait-il, affirmant dans la foulée qu'il avait été "mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République". C'est grâce à lui qu'Alexandre Benalla a pu se procurer un casque, un brassard et une radio.

"On cherche à camoufler une affaire d'État derrière une procédure bien tardive de licenciement", a dénoncé dans un entretien au Figaro le patron de l'opposition de droite Laurent Wauquiez (Les Républicains). Ils ont été filmés en train de frapper des manifestants le 1er mai à Paris, place de la Contrescarpe (Ve arrondissement).

Gérard Collomb, que les oppositions accusent d'avoir menti dans cette affaire, sera entendu lundi à 10h par la commission des Lois, dotée des prérogatives d'enquête, a annoncé sa présidente Yaël Braun-Pivet (LREM).

LR a demandé des explications sur un badge accordé à Alexandre Benalla, qui lui permettait d'accéder à l'hémicycle.

En plus de l'enquête préliminaire, ouverte jeudi à l'initiative du parquet de Paris, une autre, administrative, a été lancée par la "police des polices" et une troisième par l'Assemblée nationale. La commission entendra également le préfet de police de Paris Michel Delpuech lundi à 14h, et pourrait aussi auditionner plusieurs responsables policiers, ainsi que le directeur de cabinet du président de la République, qui était le supérieur hiérarchique d'Alexandre Benalla.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL