L’UE ouvre une enquête sur le rapprochement avec Siemens — ALSTOM

Xavier Trudeau
Juillet 15, 2018

Le groupe Bombardier, dont les activités de sa division du transport sur rail seraient potentiellement affectées par la fusion de ses concurrentes Alstom et Siemens, accueille favorablement la décision de la Commission européenne d'examiner à la loupe le projet de fusion des deux groupes européens.

Annoncée en septembre 2017, cette fusion, qui donnerait naissance à un nouveau géant européen du rail, permettrait aux deux entreprises de tenir tête, non seulement à Bombardier, mais aussi à la chinoise CRRC.

La Commission explique dans un communiqué qu'elle craint que la concentration ne réduise la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation.

La Commission examinera si le projet de rachat d'Alstom par Siemens priverait les opérateurs ferroviaires européens d'un choix de fournisseurs et de produits innovants et conduirait à une hausse des prix qui pourrait en fin de compte porter préjudice aux millions d'Européens qui utilisent quotidiennement le transport ferroviaire pour se rendre au travail ou pour les loisirs'.

Etant donné la taille de la transaction, tous les experts de la concurrence s'attendaient à ce que l'exécutif européen entame une enquête plus poussée.

L'opération de rapprochement entre Alstom et Siemens a été notifiée à la Commission le 8 juin dernier.

" Suite à cette confirmation il semble probable que le dernier exercice d'Alstom ‘stand-alone' ira donc jusqu'à son terme, soit au 30 mars 2019 et que le premier exercice en année pleine de Siemens-Alstom commencerait au 1er avril 2019", estimait Invest Securites, mardi dernier. Alstom avait alors justement invoqué comme raisons de ce retard "les travaux préparatoires de pré-notification (auprès des autorités de la concurrence, ndlr) extensifs et des efforts nécessaires à la collecte de données dans plusieurs pays".

La transaction est soumise à l'approbation des actionnaires d'Alstom, qui se réuniront en assemblée générale le 17 juillet.

Cette union avait suscité en septembre une polémique en France, une partie de la classe politique dénonçant la prise de contrôle par un groupe allemand d'un fleuron de l'industrie française.

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