La femme de Roman Polanski rejette la proposition des Oscars — USA

Pierre Vaugeois
Juillet 10, 2018

L'artiste le fait savoir dimanche dans une lettre ouverte.

"Cette Académie pense probablement que je suis une actrice suffisamment arriviste, sans caractère, pour oublier qu'elle est mariée depuis vingt-neuf ans avec l'un des plus grands metteurs en scène", qui a été rejeté "comme un paria", s'insurge-t-elle (lire encadré 1).

L'Académie des arts et des sciences du cinéma, est le collège des votants aux Oscars et les personnes qui y siègent sont triées sur le volet. "Qui peut croire que je ne me sente pas concernée par l'égalité des femmes et des hommes?", écrit Emmanuelle Seigner ce 8 juillet dans le Journal du Dimanche.

Emmanuelle Seigner affiche une nouvelle fois son soutien indéfectible à son mari, Roman Polanski. L'actrice entend ainsi protester contre l'exclusion par cette organisation de son mari, le réalisateur Roman Polanski, le 3 mai dernier, dans la foulée du scandale de harcèlement et d'agression sexuels à Hollywood. La même Académie l'avait récompensé de l'Oscar du meilleur réalisateur pour Le Pianiste en 2003.

En pleine épuration morale suite à l'affaire Harvey Weinstein, accusé par plus d'une quarantaine de femmes de viols et d'agressions sexuelles, Hollywood ne lésine pas sur la parité, en particulier dans les rangs des membres du jury des Oscars où les femmes se font rares.

"Roman n'est en rien cette caricature machiste, symptôme du mal qui ravagerait le cinéma", conclut l'actrice de 52 ans.

On ne sait pas comment Emmanuel Seigner à gérer cette période trouble pour son couple, mais, si elle a refusé la proposition d'un organisme aussi prestigieux c'est qu'elle tient vraiment à son mari. À condition qu'elle ne devienne pas une justice d'exception'.

Pour rappel, Roman Polanski a plaidé coupable en 1977 pour avoir eu une relation illégale avec une enfant de 13 ans. Il a passé 42 jours en prison avant d'être remis en liberté après une accord amiable mais a fui les Etats-Unis l'année suivante, redoutant que le magistrat chargé du dossier ne revienne sur l'accord conclu à l'époque et ne le condamne à plusieurs années de prison.

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