La fin des gardes à vue — Affaire Benalla

Pierre Vaugeois
Juillet 22, 2018

L'enquête sur l'affaire Alexandre Benalla s'est poursuivie samedi avec le placement en garde à vue de trois policiers soupçonnés d'avoir extrait illégalement des images de vidéosurveillance datant du 1er mai.

Tous deux avaient été placés en garde à vue vendredi notamment pour violences et usurpation de fonction. Quelques semaines avant que Le Monde ne révèle les images le mettant en cause, ce membre de l'entourage du chef de l'État se serait confié à un haut fonctionnaire de ses proches sur sa participation aux violences du 1er-Mai.

Ces deux manifestants, qui avaient alors été interpellés, ont été identifiés et ont demandé à être entendus ultérieurement par les enquêteurs, précise-t-on de source proche du dossier.

Les quatre autres personnes placées en garde à vue (Vincent Crase, un salarié de la République en marche et trois cadres de la préfecture de police de Paris) ont, eux-aussi, été remises en liberté.

Son domicile d'Issy-les-Moulineaux, dans le Hauts-de-Seine, a également été perquisitionné dans la journée de samedi.

Le ministre français de l'Intérieur, Gérard Collomb, sera auditionné lundi par la commission des Lois de l'Assemblée nationale dotée des pouvoirs d'enquête, a par ailleurs annoncé samedi sa présidente Yaël Braun-Pivet (LREM, majorité présidentielle).

Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, doit quant à lui répondre aux députés lundi à 14h00 (12h00 GMT).

Une personnalité politique, Nicolas Dupont-Aignan, ancien candidat à l'élection présidentielle a qualifié Alexandre Benalla de "voyou" et dénonce la réaction trop tardive d'Emmanuel Macron, qui cherche à protéger, selon lui, celui qui était en charge de sa sécurité.

Le chef de file de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, a lui jugé que l'affaire était "du niveau du Watergate", accusant aussi le président de "s'organise (r) une milice personnelle".

Le patron du groupe LR Christian Jacob a réclamé de nouveau que l'exécutif vienne s'expliquer sur cette "affaire Macron-Benalla".

A l'ouverture des débats à 9H30, une soixantaine de députés étaient présents lorsque le président de l'Assemblée François de Rugy (LREM) a rappelé que l'ordre du jour appelait l'examen du projet de révision constitutionnelle, totalement interrompu depuis jeudi soir.

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a pris la parole samedi dans l'hémicycle pour accuser l'opposition de tout bord de se livrer à une "opération politicienne" visant à "prendre en otage le texte constitutionnel".

Les gardes à vue des cinq suspects, dont celle d'Alexandre Benalla, collaborateur d'Emmanuel Macron ont été levées le 21 juillet, annonce Europe 1.

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