La réaction inquiétante de Pyongyang après la visite de Pompeo — Dénucléarisation

Claudine Rigal
Juillet 8, 2018

Selon le régime, la partie américaine a violé l'esprit de l'accord conclu le 12 juin à Singapour entre les dirigeants américain Donald Trump et nord-coréen Kim Jong Un. Pompeo a qualifié ces échanges de " productifs " sans fournir de précisions quant à savoir comment la Corée du Nord entendait honorer ses engagements sur la dénucléarisation de la péninsule en échange de garanties de sécurité.

" Le travail que nous accomplissons sur la voie de la dénucléarisation complète, en établissant une relation entre nos deux pays, est vital pour une Corée du Nord plus radieuse et le succès que nos deux présidents exigent de nous", a continué le secrétaire d'État. Du côté de la Corée du Nord, la délégation était dirigée par Kim Yong-chol, vice-président du Comité central du Parti des travailleurs de Corée et bras droit de Kim Jong-un.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo (à droite) et le négociateur nord-coréen Kim Yong-chol (à gauche) ont tous deux souhaité "clarifier" certains points, samedi, au terme d'une deuxième journée de discussion sur le démantèlement de l'arsenal nucléaire de Pyongyang.

Il venait en effet de quitter Pyongyang pour Tokyo quand le ministère nord-coréen des Affaires étrangères s'est empressé de critiquer l'attitude "extrêmement regrettable" des Etats-Unis pendant les discussions. Dans un tweet, le secrétaire d'État a dit que son objectif était "de continuer notre travail jusqu'à une dénucléarisation complète et vérifiée de la #RDPC, comme s'y est engagé le président Kim". Elle a également confirmé que les discussions de Mike Pompeo avec les autorités nord-coréennes portaient aussi sur le rapatriement des restes des soldats américains morts lors de la guerre de Corée (1950-1953), selon le groupe des journalistes qui accompagnent le chef de la diplomatie américaine.

À Tokyo, il devait informer ses homologues japonais et sud-coréen de l'avancée des pourparlers.

Il a mentionné que des progrès avaient été faits sur les "modalités " de la destruction par la Corée du Nord d'un site de missiles.

Des responsables nord-coréens ont transmis à M. Pompeo une lettre personnelle à Donald Trump espérant que "les relations formidables et le sentiment de confiance " entre les deux dirigeants seraient renforcés par les discussions, indique le ministère nord-coréen des Affaires étrangères dans son communiqué.

Pyongyang "fait la distinction entre les bureaucrates américains et le président Trump, en exprimant sa confiance dans ce dernier", analyse le Pr Yang Moo-Jin, de l'université des études nord-coréennes à Séoul.

"Il ne s'agit pas de rompre les pourparlers".

Samedi matin, M. Pompeo avait quitté la résidence pour se rendre dans un lieu où il a pu passer un appel sécurisé à Donald Trump, loin d'une potentielle surveillance nord-coréenne, avant de reprendre vers 09h00 (00h00 GMT) les pourparlers qui ont duré six heures, incluant un déjeuner de travail.

Il s'agissait de la troisième visite en Corée du Nord du responsable américain.

M. Pompeo a commencé ses démarches diplomatiques en Corée du Nord alors qu'il était directeur de la CIA. Tout d'abord, le déplacement du secrétaire d'État américain prévoyait une entrevue avec Kim Jong-un, qui avait auparavant par deux fois personnellement accueilli l'Américain.

Le communiqué signé par MM. Kim et Trump à l'issue de leur sommet comportait peu de détails. Kim Jong-un a "réaffirmé son engagement ferme et inébranlable envers la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne".

Mais beaucoup d'experts et de détracteurs du président Trump considèrent que le processus pourrait prendre des années.

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