L'affaire Benalla éclabousse le sommet de l'État

Claudine Rigal
Juillet 21, 2018

M. Benalla a été placé en garde à vue vendredi matin à Paris pour des faits de violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public, d'usurpation de fonctions, de port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique, ainsi que de complicité de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection. Ce proche d'Emmanuel Macron, adjoint à son chef de cabinet à l'Elysée et en charge de la sécurité du candidat durant la campagne présidentielle, s'est déjà fait remarquer par ses méthodes pour le moins brutales. Quant au président Macron, il ne s'est toujours pas exprimé sur cette affaire. Lors d'une conférence de presse, Bruno Roger-Petit indiquait que le collaborateur, en charge de la sécurité, a été "mis à pied pendant quinze jours avec suspension de salaire", après que l'entourage du président a pris connaissance d'une vidéo le montrant en train de frapper deux manifestants dans le Ve arrondissement de Paris.

Trois policiers, dont deux commissaires, ont été suspendus jeudi soir à titre conservatoire pour avoir "communiqué à un tiers", le soir du 18 juillet, des images de vidéoprotection de la Ville de Paris, ont annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, et la préfecture de police. Le 20 juillet, Alexandre Benalla a été placé en garde à vue et l'exécutif a annoncé son licenciement.

Selon le JDD, Vincent Crase a également été placé en garde en vue par le parquet, vendredi en fin de matinée, pour "violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public et usurpation de fonction".

Les réactions s'enchaînent: débats à l'Assemblée parasités par l'affaire, la commission des Lois de l'Assemblée nationale transformée en commission d'enquête sur les faits, saisie de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, audition prévue de M. Collomb en début de semaine prochaine par la commission des Lois du Sénat, proposition de motion de censure du gouvernement lancée par les députés de La France insoumise. "Le Fur (LR) veut des auditions " télévisées " Le vice-président de l'Assemblée nationale, le Breton Marc Le Fur (LR) a demandé que les auditions de la commission d'enquête parlementaire soient " publiques et télévisées ". Je considère ces faits comme étant d'une extrême gravité, rendant impossible la poursuite par Gérard Collomb de sa mission de ministre de l'Intérieur.

Le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, a été entendu jeudi soir par les enquêteurs, selon des infomrations de France info.

Quelles responsabilités et à quel niveau?

. "Nos travaux doivent cesser immédiatement, le Premier ministre doit venir s'expliquer devant l'Assemblée nationale", a-t-il dit".

Le projet de révision constitutionnelle s'est retrouvé victime collatérale de l'affaire, les oppositions réclamant d'entendre M. Collomb avant de reprendre l'examen de cette réforme, qui s'enlise. En conséquence, la présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (LREM) a décidé de convoquer la commission dans son ensemble samedi matin à 09H30 pour essayer de trouver un nouvel accord.

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