Le bilan monte à 264 morts — Manifestations au Nicaragua

Xavier Trudeau
Juillet 16, 2018

"La situation est critique" selon la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) qui dénonce l'aggravation de la répression dans le pays.

"Je viens demander justice, demander un changement", explique une manifestante.

Quatre policiers et un manifestant ont été tués jeudi lors de heurts à Morrito, dans le sud-est du Nicaragua, pays où les violences ont fait plus de 260 morts en trois mois de manifestations contre le président Daniel Ortega, a-t-on appris de source humanitaire. Ils s'y sont réfugiés pour fuir une attaque contre l'UNAN où ils étaient auparavant retranchés. ", " aidez-nous! ", avait-on pu entendre crier de jeunes gens désespérés au milieu des claquements des tirs dans une retransmission en direct fournie par trois journalistes locaux bloqués dans l'église.

Pendant la nuit, après des négociations avec l'Église catholique, un curé portant le drapeau du Vatican était sorti de l'église pour évacuer des blessés graves ainsi qu'un journaliste américain du Washington Post, Joshua Partlow.

"Ils veulent nous assassiner tous", a déclaré un étudiant à la chaîne 100% Noticias depuis l'intérieur de l'église.

L'opposition a appelé vendredi 13 juillet à une journée de grève générale.

Vendredi à Masaya, la ville la plus rebelle du pays située à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale, des partisans pro-Ortega ont "tiré avec des armes de gros calibre" dans le quartier de Monimbo dans le sud de la ville, tuant "un policier et un manifestant", selon Alvaro Leiva, un responsable de l'Association nicaraguayenne des droits de l'homme (ANPDH). Des fidèles du président étaient partis de Managua à bord de centaines de véhicules et motos, agitant des drapeaux rouge et noir du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, gauche), le parti au pouvoir.

"Vidons les rues pour montrer que nous ne voulons plus de répression et que nous voulons qu'ils s'en aillent", a lancé l'opposition au début de la mobilisation en référence au couple présidentiel Daniel Ortega et son épouse Rosario Murillo, également vice-présidente.

"Nous invitons tout le monde (.) à choisir le chemin de la paix", a lancé M. Ortega devant un commissariat de police à Masaya, protégé par nombre de policiers antiémeute lourdement armés.

La grève générale de vendredi était la deuxième depuis celle du 14 juin au cours de laquelle quatre personnes sont mortes.

Pour l'opposition, les dernières manifestations sont le point de départ d'une série d'actions pour accentuer la pression sur le gouvernement Ortega.

Les manifestations au Nicaragua ont éclaté le 18 avril contre une réforme du système des retraites, abandonnée par le pouvoir, mais elles se sont poursuivies pour réclamer le départ du président Ortega, au pouvoir depuis 2007 et pour la troisième période consécutive.

Pour le gouvernement, les protestataires sont des "délinquants" issus de la "droite putschiste" soutenue par les Etats-Unis.

Managua | Deux jeunes ont été tués au Nicaragua durant une attaque menée par les forces pro-gouvernementales contre une église de Managua où des dizaines d'étudiants sont retranchés depuis vendredi soir, a annoncé samedi l'Église catholique.

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