Le parquet de Paris ouvre une enquête contre Alexandre Benalla

Pierre Vaugeois
Juillet 20, 2018

La commission des lois, qui possédera ces pouvoirs d'enquête pendant un mois, devrait auditionner plusieurs personnes dans les prochains jours.

Bruno Roger-Petit, porte-parole de l'Elysée, a souligné que c'était "la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l'Elysée".

A l'Assemblée nationale, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a évoqué des "gestes absolument inadaptés".

Pourtant à distance raisonnable du cortège, le journaliste est ceinturé, avant d'être poussé sur 50 mètres par l'officier de sécurité, Alexandre Benalla, qui lui arrache sans autre explication son accréditation presse censée lui permettre de suivre le meeting au plus près du candidat et de ses soutiens. Il n'est ni policier ni gendarme, mais des images le montrent coiffé du casque à visière des forces de l'ordre, lors d'une manifestation à Paris le 1er mai: Alexandre Benalla, collaborateur de l'Élysée, a été depuis suspendu et une enquête a été ouverte. "Elle doit concerner lui (Alexandre Benalla), tous ceux qui ont des activités invisibles de cette nature, et évidemment les chefs, je veux dire le chef de cabinet", a-t-il dit dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

Toujours selon le directeur de cabinet, cité par Le Monde, M. Benalla a reconnu être l'homme mis en cause. En cas de nouvel écart, il sera "immédiatement licencié". Coprésident des députés UDI-Agir-Indépendants, Jean-Christophe Lagarde a jugé que M. Benalla "n'a rien à faire à l'Elysée" et qu'"un véritable Parlement a la possibilité de convoquer un ministre", mais "tant que nous n'aurons pas de Parlement qui équilibre les pouvoirs de l'exécutif, ce genre de choses peut se produire".

"Quand on est à l'Elysée on doit montrer l'exemple et aujourd'hui le sentiment qu'on a, c'est qu'à l'Elysée on se croit au-dessus de tout", a résumé M. Wauquiez. "Une personne a eu un comportement inacceptable des sanctions ont été prises". Ce réserviste de la gendarmerie est un employé de La République en marche, également sanctionné dans cette affaire. Sur Twitter le député La France Insoumise, Eric Coquerel, a écrit: "Questions: pourquoi les policiers ont laissé faire Alexandre Benalla?".

Un avertissement qui aurait dû alerter, et qui n'a empêché Alexandre Benalla de suivre le candidat Emmanuel Macron à l'Élysée une fois élu. "On attend des réponses de Gérard Collomb et Emmanuel Macron", a-t-il ajouté, demandant que "la justice soit saisie pour coups et violences et usurpation de fonction de policier". Il s'avère que Benalla, alors chargé d'organiser " la sécurité des déplacements du président", avait " demandé l'autorisation d'observer les opérations de maintien de l'ordre pour le 1er Mai ", précisait hier le porte-parole de l'Élysée, Bruno Roger-Petit, autorisation qui lui avait été donnée car " il agissait dans le cadre d'un jour de congé et ne devait avoir qu'un rôle d'observateur ".

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