Le Royaume-Uni veut intensifier les négociations — Brexit

Claudine Rigal
Juillet 22, 2018

La solution dite de "backstop" consiste en un "filet de sécurité" qui s'appliquerait, faute de meilleure solution négociée entre Londres et Bruxelles, prévoyant un alignement réglementaire de la province britannique d'Irlande du Nord sur l'Union après le Brexit, afin d'éviter le retour d'une frontière "dure" sur l'île.

Le gouvernement britannique veut "intensifier" les négociations avec l'Union européenne afin de parvenir au meilleur accord possible pour son divorce, a déclaré jeudi le nouveau ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, avant une réunion à Bruxelles avec le négociateur de l'UE Michel Barnier.

Face aux incessantes remises en cause de la stratégie de Theresa May au Royaume-Uni, l'Union européenne s'inquiète d'un enlisement des négociations.

M. Barnier a rappelé qu'avant même de débattre de la future relation, l'objectif premier de l'UE était de finaliser l'accord de retrait "ordonné" du Royaume-Uni et notamment de régler la question de la frontière irlandaise, principal point d'achoppement des discussions.

Le Français a insisté sur le fait qu'il ne restait que "treize semaines" avant le sommet européen du 18 octobre, que l'UE a fixé comme horizon pour sceller un accord sur les modalités du départ britannique, qu'il faudra ensuite faire ratifier à temps avant le départ britannique programmé le 30 mars 2019.

Quel que soit le résultat des tractations, le Brexit "aura des répercussions sur les citoyens, les entreprises et les administrations, tant au Royaume-Uni que dans l'UE", a prévenu la Commission européenne dans un document publié jeudi.

Bruxelles avait appelé jeudi les Etats membres à "intensifier" leur préparation à tous les scénarios possibles pour le Brexit, dont celui d'une "rupture brutale" avec Londres, de plus en plus redoutée face aux incessantes turbulences politiques fragilisant le gouvernement britannique.

Dans ce cas de figure, les préparatifs sont d'autant plus nécessaires qu'"il n'y aura pas de période de transition" pour atténuer les effets du Brexit, souligne la Commission.

Theresa May doit aussi rencontrer des militants du DUP d'Arlene Foster, dont les dix députés à la Chambre des Communes complètent la majorité dont la Première ministre a besoin pour gouverner.

"Nous avons toujours dit qu'en tant que gouvernement responsable, il est souhaitable de se préparer à un +no deal+ et c'est ce que nous faisons", a-t-elle dit.

"Au moins, c'est quelque chose de palpable sur la table", a observé M. Asselborn. À l'appui de son refus, la Première ministre estime que cette solution créerait une frontière de fait entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

Dans un récent "Livre Blanc" sur la relation future, Theresa May propose notamment une nouvelle "zone de libre-échange" qui reposerait sur un ensemble de règles communes concernant les biens et le secteur agro-alimentaire.

Les projets de la dirigeante conservatrice, contestés dans ses propres rangs, sont reçus avec scepticisme à Bruxelles.

"La situation à Londres est très volatile", a jugé jeudi un responsable européen, estimant qu'il fallait "être prudent" côté européen et "ne pas jeter d'huile sur le feu".

"Mais des lignes directrices ne sont pas des lignes rouges", a-t-il ajouté, ouvrant une marge de négociation.

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