L'exposition d'un couple britannique au Novitchok ravive les tensions diplomatiques — EN CONTINU

Claudine Rigal
Juillet 7, 2018

Sergueï et Ioulia Skripal avaient été retrouvés inconscients sur un banc dans un centre commercial et hospitalisés dans un état critique. Ils avaient tous deux été victimes d'une tentative d'empoisonnement à l'agent innervant. En s'attaquant au système nerveux, il provoque l'agonie et peut conduire à la mort. "Ce sera aux scientifiques de déterminer s'il vient du même lot", a déclaré à la presse Neil Basu, chef du contre-terrorisme britannique mercredi.

Andrea Sella, professeur de chimie inorganique à l'université londonienne UCL, n'exclut pas cette éventualité.

Andrea Sella, qui enseigne la chimie inorganique à l'University College de Londres, a précisé que les agents neurotoxiques Novichok "sont conçus pour être assez persistants - ils traînent dans l'environnement, ne s'évaporant ou ne se décomposant pas rapidement". "Cela signifie que si un contenant ou une surface ont été contaminés par cette substance, cela constituerait un danger pendant longtemps". Puis l'homme, âgé de 45 ans, est tombé malade et les secours ont été appelés vers 16h30.

Les victimes, identifiées par un ami comme étant Charlie Rowley et Dawn Sturgess, avaient été retrouvées samedi dans une habitation d'un quartier résidentiel d'Amesbury.

Le cabinet britannique se réunit en urgence jeudi autour de l'affaire du couple retrouvé dans un état critique après avoir été exposé au même agent innervant qui avait empoisonné quatre mois plus tôt un ex-espion russe et sa fille. "Je lui parlais mais il ne me répondait pas." indique Sam Hobson. Peter Cook, 58 ans, un voisin de Dawn Sturgess a affirmé qu'elle avait une "petite fille". Une centaine d'inspecteurs de l'antiterrorisme enquêtent sur place aux côtés de la police locale du Wiltshire. Pour lui, il n'y a néanmoins "aucune preuve" qu'ils aient "étaient visés d'une quelconque manière".

Plusieurs lieux fréquentés par les victimes ont été fermés au public, dont une pharmacie à Amesbury ainsi qu'un parc et le foyer pour sans-abri de Salisbury, certains cachés de regards par des barrières opaques. Car cet empoisonnement "va susciter des interrogations sur les opérations de décontamination de Salisbury" réalisées après l'affaire Skripal.

Elle a aussi recommandé de nettoyer téléphones portables et sacs à main avec des lingettes et de laver à l'eau savonneuse les bijoux.

La médecin-chef du PHE, Sally Davies, a en particulier demandé aux gens "d'être vigilants lorsqu'ils ramassent des objets inconnus ou dangereux comme des aiguilles ou des seringues". Il a clairement pointé du doigt la responsabilité de Moscou. Moscou s'est défendu en disant ne pas avoir " d'informations sur la substance utilisée ".

"La Russie utilise la Grande-Bretagne comme " une décharge à poison", a accusé Sajid Javid, le ministre de l'intérieur devant le Parlement, en ajoutant: " Il est maintenant temps que l'Etat russe explique exactement ce qui s'est passé. "Ce n'est pas une querelle avec la population russe".

"Au nom de la sécurité des citoyens de notre continent, nous appelons le gouvernement de Theresa May à cesser ses intrigues et jeux avec les substances toxiques et cesser de mettre des embûches sur le chemin d'une enquête commune", a déclaré aux journalistes la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

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