L'UE et le Japon signent un accord commercial

Xavier Trudeau
Juillet 20, 2018

Pour contrer le protectionnisme américain, l'Union européenne et le Japon ont signé à Tokyo, ce mardi 17 juillet, un traité de libre-échange.

L'Union européenne se fait ainsi le champion du libre-échange alors que le monde est crispé sur la guerre commerciale que Donald Trump tente d'installer vis-à-vis de Bruxelles comme de Pékin, sous le prétexte hasardeux de diviser ses partenaires pour les mettre à genoux et leur imposer des accords bipartites déséquilibrés. "Il est encore temps d'éviter le conflit et le chaos", a de son côté déclaré M. Tusk. "Nous montrons que nous sommes plus forts et mieux positionnés quand nous travaillons ensemble", a renchéri Jean-Claude Juncker, chef de la Commission européenne, aux côtés de Shinzo Abe, Premier ministre japonais.

Ce pacte baptisé Jefta (Japan-UE free trade agreeement) porte sur une zone de libre-échange couvrant près d'un tiers du produit intérieur brut (PIB) mondial. Le texte, qui marque l'aboutissement de discussions ouvertes en 2013, doit être soumis d'ici la fin de l'année au Parlement européen en vue d'une entrée en vigueur en 2019, si le Parlement japonais le vote lui aussi rapidement. Les taxes sur certains produits resteront en l'état mais vont progressivement diminuer.

Tokyo s'engage en effet à reconnaître plus de 200 indications géographiques protégées (IGP), qui " bénéficieront du même niveau de protection qu'en Europe", et ce sont à terme plus de 85 % des produits agricoles qui pourront entrer sur le territoire japonais sans droit de douane. Sont également visés les droits de douane portant sur de nombreux fromages tels que le gouda et le cheddar (actuellement à 29,8%) ainsi que sur les exportations de vins (actuellement à 15% en moyenne).

En contrepartie, les Japonais ont obtenu un libre accès au marché européen pour leur industrie automobile, ce qui était leur principale revendication.

L'accord commercial UE-Japon permettra, de même, de renforcer la coopération entre les deux parties sur différentes questions et réaffirmera leur engagement commun en faveur du développement durable en incluant pour la première fois " un engagement spécifique en faveur de l'accord de Paris sur le climat ".

C'est devenu une triste ritournelle, l'accord ne comporte pas de chapitre relatif à la protection des investissements, tout comme le MERCOSUR ou l'accord avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande en discussions plus ou moins stagnantes. Ces différends sont généralement tranchés via un système d'arbitrage dont les Européens ne veulent plus entendre parler.

En l'occurrence, l'accord Japon-UE ne présente pas de dispositions relatives à l'investissement, ce qui permet de passer outre les Parlements nationaux européens. Le Jefta a été salué comme un "signal fort" contre le protectionnisme américain par la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström.

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