L'UE et le Japon signent un accord "historique" de libre-échange

Xavier Trudeau
Juillet 18, 2018

C'est Donald Trump qui sans le vouloir, l'a remis sur pieds, en défendant un protectionnisme américain à toute épreuve.

L'Union européenne et le Japon ont signé mardi à Tokyo un accord destiné à libéraliser leurs échanges commerciaux.

" Nous célébrons la signature d'un accord commercial extrêmement ambitieux entre deux des plus grandes économies du monde", ont déclaré le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du Conseil européen Donald Tusk.

"À un moment où les mesures protectionnistes gagnent du terrain à travers le monde, la signature aujourd'hui de l'accord UE-Japon montrera au monde une fois de plus notre volonté politique inébranlable de promouvoir le libre échange", affirme le ministre japonais de la Revitalisation économique, Toshimitsu Motegi. "Ces deux pôles devraient contribuer à stabiliser la communauté internationale, en renforçant leurs relations", poursuit le journal économique du Japon, dans un contexte où Washington est favorable à une politique isolationniste. Le texte, qui marque l'aboutissement de discussions ouvertes en 2013, doit être soumis d'ici la fin de l'année au Parlement européen en vue d'une entrée en vigueur en 2019, si le Parlement japonais le vote lui aussi rapidement. Néanmoins, contrairement au CETA conclu avec le Canada, la ratification par les parlements nationaux des pays de l'UE n'est pas prévue.

La plus vaste zone de libre-échange au monde (600 millions de consommateurs et environ 30 % du PIB mondial) va émerger.

Côté européen, le secteur agroalimentaire sort grand vainqueur des discussions. L'accord éliminera les droits de douane très élevés sur plusieurs fromages, mais la période de transition pourra atteindre quinze ans. D'autres, comme le bœuf, verront les taxes imposées être progressivement réduites.

Cependant, produit d'importance pour les Japonais, le riz est exclu de l'accord.

" LIRE AUSSI - Barrières douanières: les accusations de Trump contre l'UE sont-elles fondées? ".

Tokyo s'engage à reconnaître plus de 200 indications géographiques comme le Roquefort, le Tiroler Speck autrichien, le Jambon d'Ardenne belge ou la vodka polonaise, qui bénéficieront " du même niveau de protection qu'en Europe ". "D'après le ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche, l'accord fera baisser la production du pays en particulier dans ces trois secteurs : les produits laitiers, le porc et le bois", rapporte le quotidien.

Pour le Japon: Il obtient un libre accès au marché européen pour son industrie automobile. Cet accord comprend aussi un chapitre sur le développement durable. Gare au prochain choc!

La protection des investissements, principal point d'achoppement des discussions, n'est pas comprise dans l'accord. "Pour le JEFTA, comme pour le CETA avant lui, les négociations se sont déroulées non seulement sans aucune transparence mais la France a validé le fait que les parlements nationaux n'aient pas leur mot à dire, empêchant tout débat sur le sujet", critiquent la FNH et le Veblen Institute. Cette entente se fait "aux dépens de la démocratie, des droits sociaux et de la protection de l'environnement et du climat", a jugé pour sa part l'organisation Greenpeace.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL