Macron fixe son cap pour l'an II, avec une tonalité sociale

Xavier Trudeau
Juillet 12, 2018

Se défendant d'être le " président des riches", il a revendiqué les mesures en faveur des entreprises.

Echanges enflammés en perspective et pluie d'amendements: le projet de révision constitutionnelle voulu par Emmanuel Macron promet de belles batailles à l'Assemblée nationale, où il entre en scène mardi 10 juillet 2018, avec l'obligation de ne pas heurter le Sénat sans qui son adoption est impossible.

Si la révision de 2008 a offert la possibilité au chef de l'Etat de prendre la parole devant le Congrès - il ne pouvait le faire que par messages écrits auparavant - l'article 18 de la Constitution décide que "sa déclaration peut donner lieu (.) à un débat" mais "hors sa présence".

Ce n'est que dans une dizaine d'années que l'on pourra en mesurer les effets sur une première classe d'âge parvenue dans le secondaire. "Et ce sont les entreprises rassemblant actionnaires, dirigeants et travailleurs, ce sont les producteurs, qui font ce gâteau, et personne d'autre", a-t-il dit. "Je ne leur demanderai pas de s'engager par la loi mais par des engagements actifs, immédiats, visibles, de créations d'emplois, d'embauche d'apprentis" avec "une mobilisation pour nos territoires des principales entreprises et des investisseurs".

"Nous devons nous montrer fidèles à notre Constitution qui protège de manière inconditionnelle ceux qui demandent l'asile mais impose des règles précises à ceux qui, pour des raisons économiques, quittent leur pays pour rejoindre le nôtre", a-t-il souligné, insistant sur le besoin de "refonder notre partenariat avec l'Afrique" d'où part une "jeunesse du désespoir", qui n'a "pas droit dans une large majorité à l'asile". Emmanuel Macron, qui l'a rendu annuelle, souhaite dès l'an prochain pouvoir répondre aux élus après son discours. Le président a parlé pendant plus d'une heure et demi face aux parlementaires, afin de faire le bilan de sa première année de mandat et d'annoncer la suite.

Et, une nouvelle fois, le chef de l'Etat s'est employé à rassurer sur l'avenir des pensions de réversion, répétant qu'elles ne seraient pas modifiées.

Pas question non plus à ses yeux de renouveler intégralement le Sénat en 2021, comme évoqué dans l'avant-projet de loi. Alors que les oppositions de droite comme de gauche durcissent leurs discours, le président veut retisser les liens avec les partenaires sociaux, qu'il a un peu ignorés depuis son élection. "L'Etat doit assumer ce choix", a-t-il conclu.

Usant de formules destinées à frapper les esprits, Emmanuel Macron a ainsi jeté les bases de la deuxième année de son quinquennat: le même cap, mais une légère inflexion de la méthode. "La police de sécurité du quotidien qui conjure le sentiment d'abandon ou d'oubli des populations qui subissent des lois qui ne sont pas toujours celles de la République", a déclaré le président français, ajoutant qu'en matière de lutte contre le terrorisme, "une loi a permis de sortir de l'état d'urgence et a donné les instruments indispensables pour lutter contre le terrorisme contemporain, ce terrorisme qui se love dans nos sociétés elles-mêmes et utilise tous les moyens contemporains".

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