May se met au vert pour fédérer ses troupes — Brexit

Xavier Trudeau
Juillet 10, 2018

Le vice-Premier et ministre de l'Emploi et de l'Economie Kris Peeters (CD&V) a accueilli samedi positivement le fait que le gouvernement du Royaume-Uni s'est accordé sur une position commune au sujet des relations avec l'UE à la suite du Brexit.

Le secrétaire d'État au Brexit Steve Baker a également démissionné pour protester contre le plan dévoilé vendredi soir par Mme May et qui prévoit de mettre en place une zone de libre échange et un nouveau modèle douanier avec les 27, afin de maintenir un commerce "sans friction" avec le continent. Londres souhaite également que le Parlement britannique puisse rejeter de futures règles qui ne lui conviendraient pas, tout en acceptant les "conséquences" que cela pourrait impliquer. En voici les principaux points: - Zone de libre échange "Notre proposition créerait une zone de libre échange entre le Royaume-Uni et l'UE avec un ensemble de règles communes pour les biens industriels et les produits agricoles", a déclaré la Première ministre Theresa May.

Lundi après-midi, le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson a suivi la même voie, peu avant que Mme May ne défende devant les députés britanniques son plan adopté vendredi lors d'une réunion de son gouvernement dans sa résidence de campagne de Chequers. Londres aspire toutefois à un dispositif permettant aux citoyens britanniques et de l'UE de "continuer à voyager dans les territoires des uns et des autres", d'y faire des études ou de travailler. - Droits de douane et frontières Le gouvernement britannique propose d'appliquer à ses frontières "les droits de douane et règles commerciales du Royaume-Uni aux biens destinés au Royaume-Uni, et les droits de douane et règles commerciales de l'UE pour les biens destinées à l'UE".

Au coeur des divisions figure la très sensible question irlandaise, le Brexit menaçant de recréer une frontière entre le nord rattaché au Royaume-Uni et le sud membre de l'UE.

Dans ce projet, Londres souligne aussi la nécessité d' "intensifier " le travail de préparation pour faire face à tous les scénarios possibles - en particulier celui d'une éventuelle sortie de l'UE sans accord avec Bruxelles, que redoute les entreprises.

A peine publié, le projet de Theresa May suscitait toutefois déjà des réactions critiques du côté des eurosceptiques. Une victoire pour Theresa May, qui est régulièrement critiquée depuis qu'elle a perdu la majorité parlementaire du Parti conservateur lors des élections l'an dernier. "Il s'agit d'un mauvais (plan) pour le Royaume-Uni", a déclaré dans un communiqué John Longworth, co-président du mouvement pro-Brexit Leave Means Leave.

Reste désormais à savoir quelle sera la réaction de Bruxelles, qui aimerait voir les discussions enfin progresser.

Cette proposition était attendue de longue date par les Européens, lassés des atermoiements du gouvernement britannique sur le contenu des négociations sur ce divorce. Vendredi, Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE, a affirmé "être prêt à adapter son offre" et dit espérer que le livre blanc permettra de résoudre "le débat politique interne au Royaume-Uni et les négociations avec nous".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL