Mesures de l'UE pour contrer les effets des taxes américaines — Acier

Xavier Trudeau
Juillet 21, 2018

"Nous sommes en train de préparer avec les Etats membres une liste de contre-mesures et nous l'avons clairement indiqué à nos partenaires américains", a précisé Mme Malmström lors d'un discours devant le centre d'analyse German Marshall Fund à Bruxelles, estimant que d'éventuelles taxes de Washington sur les voitures de l'UE constitueraient "un désastre".

L'Union européenne prépare une liste de contre-mesures au cas où les Etats-Unis imposent des droits de douane sur les automobiles en provenance de l'Union européenne, a annoncé jeudi Cecilia Malmström (photo).

A quelques jours de discussions décisives avec Donald Trump, l'UE est prête à "sortir des sentiers battus" pour mettre fin aux tensions commerciales avec les Etats-Unis, mais elle se prépare aussi à taxer de nouveaux produits américains en cas d'offensive sur ses voitures.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, accompagné par Cécilia Malmström, va se rendre mercredi prochain à Washington pour une rencontre avec Donald Trump, en grande partie consacrée aux différends commerciaux entre les Etats-Unis et l'UE. Les Européens ont également instauré des mesures de rétorsion contre certains produits américains emblématiques, comme les jeans ou le beurre de cacahuète.

Selon une source européenne, la liste de contre-mesures concernant les voitures portent sur un peu moins de 10 milliards d'euros.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a prévenu jeudi que l'opposition massive aux taxes américaines sur les voitures n'empêchera pas les Etats-Unis de les imposer si elles sont considérées comme légitimes pour protéger la sécurité nationale. "Tous les efforts pour diviser les Européens sont vains", avait-il dit.

Ces mesures de sauvegarde, dont l'UE affirme qu'elles respectent les règles de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), sont l'un des volets de la réponse européenne à la hausse tarifaire que le président américain Donald Trump justifie par des motifs sécuritaires, ce que contestent les Européens et d'autres puissances commerciales elles aussi frappées. "Nous sommes prêts à sortir des sentiers battus", a-t-elle assuré.

Dans le secteur automobile, l'idée d'un accord plurilatéral qui regrouperait les principaux pays producteurs pour réduire les barrières tarifaires, un temps défendu par l'Allemagne, a également été évoquée.

"Ça vaut peut-être la peine d'être exploré, mais ce n'est pas une solution en soi".

Autre possibilité: inclure le secteur automobile dans un accord commercial a minima avec les Etats-Unis sur les biens industriels.

La commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström, a expliqué dans un communiqué que "les droits de douane américains (.) entraînent un détournement des échanges, ce qui pourrait causer de graves préjudices aux sidérurgistes et aux travailleurs de l'UE", avant d'ajouter: "Nous n'avons d'autre choix que d'introduire des mesures de sauvegarde" pour protéger l'industrie européenne "contre une poussée des importations".

La menace de Donald Trump sur les automobiles inquiète particulièrement l'Allemagne, où ce secteur clé emploie 800.000 personnes.

Il s'est encore insurgé jeudi sur Twitter contre l'amende record de 4,34 milliards d'euros infligée par l'UE au Californien Google pour abus de position dominante, martelant qu'il ne tolérerait plus que l'Europe "profite " des États-Unis.

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