OTAN: Paris espère l'unité des alliés malgré la pression de Trump

Claudine Rigal
Juillet 10, 2018

Interrogé sur l'éventualité que Donald Trump profite du sommet de l'OTAN pour faire pression dans sa guerre commerciale avec l'UE, l'Élysée a répondu que ce mélange des sujets "est déjà une réalité puisque les États-Unis font valoir que les taxes sur l'aluminium et l'acier relèvent de raisons de sécurité, ce que nous contestons ".

Lors du sommet de l'OTAN l'an dernier, le président américain Donald Trump avait reproché à ses alliés de devoir "d'énormes sommes d'argent " à l'OTAN.

"Il est vrai qu'après le G7, dont Donald Trump s'est désolidarisé, tout le monde attend ce que va faire le président américain. Le sommet de l'Otan doit être l'occasion de le prouver", à une semaine d'une rencontre à Helsinki entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, farouchement hostile à l'Otan.

Pour les États-Unis, qui supportent près de 70 % des dépenses militaires de l'Otan, les pays européens et le Canada ne dépensent pas assez pour leur propre défense. "Ce n'est pas juste, ni acceptable", a tweeté le président américain.

Selon le rapport annuel de l'Otan, l'Estonie, la Grèce, la Pologne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis atteignent les 2% du PIB en matière d'effort de défense et la Lettonie, la Lituanie et la Roumanie devraient à leur tour atteindre ce seuil en 2018.

"L'Allemagne est à 1% (de son PIB), les Etats-Unis sont à 4%, et l'Otan bénéficie bien davantage à l'Europe qu'aux Etats-Unis". Jens Stoltenberg a déclaré dimanche dans l'édition dominicale du Bild que l'Allemagne devait "en faire davantage". Un regard depuis longtemps critique qui n'a cessé de gagner en agressivité au cours des derniers mois, comme l'ont traduit les jugements les plus brutaux sur l'Union européenne (UE) jamais formulés publiquement par un président américain. Les Etats-Unis ont en effet accusé en 2017 un déficit commercial d'un peu plus de 151 milliards de dollars vis-à-vis de l'Union européenne. "Notre crainte, c'est que cela ne soit pas atteint ".

"Personne ne sait ce que va dire le président américain, même ses équipes ne le savent pas", confie un diplomate français à deux jours de la rencontre qui se tiendra dans le QG de l'Alliance atlantique.

Mais par ailleurs, la crainte d'une défaillance américaine en cas d'attaque contre un de leurs alliés, comme le stipule l'article 5 du traité de l'Otan, pousse des Européens à accélérer la cadence pour se rendre autonomes.

"Ces efforts sont complémentaires à ceux menés au sein de l'Otan", assure Florence Parly, la ministre française des Armées.

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