Özil, critiqué pour une photo avec le président turc, quitte la sélection

Solenn Plantier
Juillet 22, 2018

Il n'a pas conscience de ce que les gens attendent d'un joueur de l'équipe nationale en Allemagne. Après ma photo avec le président Erdogan, ils m'ont retiré de la campagne (...).

"Les médias allemands ont présenté quelque chose de différent". "Nous n'avons pas réussi avec Mesut". Eliminée dès la phase de poules, la sélection dirigée par Joachim Löw a donc grandement déçu.

C'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase plein de Mesut Özil, qui n'a pas lésiné sur les explications ce dimanche.

"En mai, j'ai rencontré le président Erdogan à Londres, lors d'un gala de charité. Nous nous sommes rencontrés pour la première fois en 2010 après qu'il ait assisté au match entre l'Allemagne et la Turquie aux côtés d'Angela Merkel (.) J'ai conscience que cette photo a causé beaucoup de remous dans la presse allemande et que certaines personnes peuvent m'accuser de mentir ou de jouer un rôle mais la photo qu'on a prise n'avait pas de visées politiques". Sur les réseaux sociaux, Özil a publié un message ce dimanche pour livrer le fond de sa pensée.

"Alors que j'ai essayé d'expliquer à Grindel mon héritage, mes ancêtres et, par conséquent, lui faire comprendre les raisons qui m'avaient amené à prendre cette photo, il était plus intéressé par le fait de parler de ses propres positions politiques et de rabaisser mon opinion", a encore écrit Özil, qui a inscrit 23 buts en 92 sélections. "Mais quand des hauts placés de la DFB me traitent de cette façon, manquant de respect à mes racines turques et transformant la situation en propagande politique, c'en est assez". Ce n'est pas pourquoi je joue au football, et je ne suis pas de ceux qui s'assoient sans rien dire. Et le champion du monde 2014 n'est pas au bout de ses peines. "Le racisme ne doit pas, ne devra jamais être accepté", a-t-il conclu.

Sur son compte Twitter, Ozil a fait part de son choix, tout en prenant le soin de le justifier : "Le traitement que j'ai reçu de la part de la fédération ne me donne plus envie de porter le maillot allemand". Un départ triste, qui devrait aussi laisser des traces au sein de la fédération allemande, qualifiée d'"amatrice" par Karl-Heinz Rummenigge, pas plus tard que vendredi.

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