Plus de 18 000 fonctionnaires limogés dans une nouvelle purge — Turquie

Claudine Rigal
Juillet 10, 2018

Photo fournie par la présidence turque.

Pour rappel, Erdogan a été élu, le 24 juin dernier, pour un nouveau mandat de cinq ans au premier tour de ces élections, avec 52,59% des voix, contre le principal candidat de l'opposition, Muharrem Ince.

Saluant "un nouveau début" pour la Turquie, il a promis dans une apparente tentative d'apaiser une société extrêmement polarisée, de servir tous les Turcs.

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, est arrivé, lundi après-midi, à Ankara (Turquie) où il représentera le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à la cérémonie d'investiture du président turc, Recep Tayyip Erdogan.

M. Erdogan doit présenter dans la soirée un nouveau gouvernement resserré qui devrait compter 16 ministères contre 26 (sans compter le Premier ministre) actuellement.

Sa nomination aux Finances survient dans un contexte économique difficile avec une inflation élevée, une forte dévaluation de la monnaie et un important déficit des comptes courants, en dépit d'une croissance solide.

Outre les ministres, M. Erdogan a nommé au poste de vice-président Fuat Oktay, un technocrate qui avait par le passé dirigé l'Agence turque de gestion des situations d'urgence (Afad).

L'accession de M. Erdogan à cette "hyperprésidence" intervient près de deux ans après une tentative de coup d'Etat, le 15 juillet 2016, menée par des militaires factieux et suivie de vastes purges notamment au sein des forces armées, de la police et des administrations, avec l'arrestation ou le limogeage de dizaines de milliers de personnes.

Plus de 18 000 personnes ont été limogées en Turquie par un décret-loi publié dans le Journal officiel dimanche, dont de très nombreux membres des forces de l'ordre, mais aussi des enseignants et universitaires.

Accompagné de son épouse Emine, M. Erdogan a été accueilli par une salve d'applaudissements à son arrivée au Parlement, où une alliance dominée par son parti islamo-conservateur, l'AKP, détient la majorité.

Lundi marquera également l'entrée en vigueur d'un système présidentiel. L'ensemble des pouvoirs exécutifs reviennent au président, qui pourra notamment promulguer des décrets présidentiels.

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