Polémique sur le refus de Mark Zuckerberg de bannir les négationnistes — Facebook

Xavier Trudeau
Juillet 22, 2018

Interrogé par le site d'information Recode, le co-fondateur de Facebook brandit l'argument du 1er amendement de la Constitution des Etats-Unis (concernant la protection de la liberté d'expression) pour justifier la non-suppression par les équipes de Facebook ou celles de ses sous-traitants, de contenus ouvertement complotistes voire négationnistes. Car il y a des choses sur lesquelles certaines personnes se trompent. Je trouve cela très choquant.

Si l'influence culturelle et technologique de Facebook ne dépassait pas le périmètre des Etats-Unis, peut-être ne serait-on pas amené à se poser une telle question.

Dans une interview en podcast accordée à Recode, Mark Zuckerberg, le CEO de Facebook, a expliqué qu'il ne censurera pas les posts négationnistes sur sa plateforme: " Je pense que c'est [le négationnisme] profondément offensant.

"La négation de la Shoah est une stratégie de tromperie intentionnelle et délibérée utilisée par les antisémites depuis longtemps, et qui est incontestablement haineuse, blessante et menaçante pour les Juifs", peut-on lire dans la déclaration.

Depuis plusieurs semaines, Facebook est fortement critiqué pour laisser se propager des articles, des images ou des vidéos qui, sans contenir d'appel direct à la haine, peuvent être perçus comme un encouragement aux actions violentes. Au Sri Lanka, les autorités avaient même en avril bloqué l'accès au site, estimant que celui-ci encourageait les violences interreligieuses. "Nous commençons à mettre en œuvre cette nouvelle politique dans des pays où nous voyons des exemples où la désinformation a (.) entraîné des violences", a précisé Tessa Lyons, l'une des responsables du groupe, lors d'une rencontre avec des journalistes en Californie. La désinformation "créée ou partagée dans le but de contribuer ou d'exacerber la violence physique" envers une personne ou une catégorie de personnes sera désormais supprimée de ses pages.

Peu avant la polémique, Facebook avait annoncé retirer les fausses informations postées sur le réseau et susceptibles de créer des violences de façon imminente.

Mais cette initiative a été reléguée au second plan par les déclarations de Mark Zuckerberg sur les négationnistes.

A l'instar d'autres géants d'internet, notamment Twitter ou Google, Facebook navigue à vue pour ménager les critiques qui le taxent, d'un côté, de régir arbitrairement les contenus de sa plateforme et, de l'autre, de laisser s'y exprimer violence et haine.

La clarification apportée par Mark Zuckerberg n'a pas empêché de nombreux internautes de relancer le mouvement #DeleteFacebook, lancé après l'éclatement de l'affaire Cambridge Analytica.

Pour M. Galloway, cette nouvelle controverse ne devrait cependant avoir qu'un impact limité sur le nombre d'utilisateurs et les recettes publicitaires de Facebook, qui reste, pour les uns comme pour les autres, incontournable. "La seule personne au monde qui semble prête à s'attaquer aux géants de la tech, c'est (la Commissaire européenne à la concurrence) Margrethe Vestager".

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