Poursuite des pillages à Port-au-Prince — Haïti

Claudine Rigal
Juillet 10, 2018

Les activités dans Port-au-Prince sont paralysées depuis.

Vendredi, on a rapporté aux moins trois morts, et la police a signalé dimanche avoir trouvé quatre cadavres supplémentaires. Des radios locales ont également rapporté la présence de groupes d'individus armés habillés en civil.

Devant la flambée de violence, le président Jovenel Moïse est intervenu solennellement samedi soir à la TV assurant avoir entendu les protestataires et les a appelés à rentrer chez eux: "Dès que vous parlez, j'écoute". Pour tenter de rétablir l'ordre, des policiers ont tiré en l'air et fait usage de grenades lacrymogènes. Face aux violences, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a annoncé dès le 7 juillet la suspension de la mesure "jusqu'à nouvel ordre".

Les autorités avaient fait part la veille d'une augmentation des prix de l'essence (38 %), du diesel (47 %) et du kérosène (51 %).

Alors que tous les vols à destination et en provenance d'Haïti ont été annulés le 7 juillet, le trafic aérien a doucement repris le lendemain à l'aéroport Toussaint Louverture.

L'incertitude demeure quant à l'évolution de la situation car des contestataires ont appelé à une grève générale de deux jours à compter de lundi.

L'ambassade du Canada qui est allée dans le même sens que la France du Core Groupe, a demandé aux principaux concernés de bien vouloir " noter que l'ambassade du Canada sera fermée demain le lundi 9 juillet".

Devant les restes d'une barricade placée sur un axe majeur de la capitale, le visage camouflé, un homme disant s'appeler Rubens a témoigné de la détermination de certains à tout faire pour obtenir le départ du président Jovenel Moïse du pouvoir.

Barricades, commerces pillés, voitures incendiées, affrontements et scènes de chaos.

"J'accuse le coup mais c'est la réalité du pays: dès lors qu'on vit en Haïti on est fâché, frustré face à la façon dont les choses sont gérées par les politiciens", dit-il calmement devant la carcasse brûlée de son véhicule.

" Je dois continuer à vivre, on ne va pas se laisser emporter pour ça seulement", a-t-il ajouté. Certains élus exigent la démission immédiate du Premier ministre, déjà très critiqué avant la prise de cette mesure controversée.

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