Prison requise contre l'ex-sénateur Jean-Vincent Placé — Nuit d'ivresse

Pierre Vaugeois
Juillet 12, 2018

Après son interpellation en état d'ébriété avancé, l'ancien secrétaire d'Etat Jean-Vincent Placé est jugé par la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris. La mise à l'épreuve consistera dans l'indemnisation des victimes et une obligation de soigner son addiction à l'alcool. L'ex-membre éphémère du gouvernement sous François Hollande avait été interpellé ivre le 5 avril à la sortie d'un bar du VIe arrondissement de Paris dont il venait d'être expulsé par un videur après un incident avec une cliente. Selon le portier, l'actuel conseiller régional d'Île-de-France lui aurait dit: "On n'est pas au Maghreb ici, tu sais pas qui je suis, je vais te descendre en Afrique, moi".

Le portier dit l'avoir alors fait sortir manu militari de l'établissement en le maîtrisant par une clef de bras et avoir alerté une patrouille de police qui passait par là.

Jean-Vincent Placé s'est plaint pour sa part d'avoir reçu une "gifle de légionnaire" qui l'aurait "sonné" au point qu'il ne puisse plus se maîtriser ensuite devant les policiers. Pour le magistrat, l'ancien sénateur a exprimé dans ce dossier une forme de "désinhibition due à l'alcool mais aussi l'expression d'une forme de supériorité, de toute puissance".

Le procureur a jugé que ce comportement troublait "gravement l'ordre public" et portait atteinte à la politique de lutte contre les violences faites aux femmes et les discriminations.

"Je suis honteux", a-t-il déclaré à la barre. Il a ainsi qualifié son comportement "d'inconvenant" et de "déplacé" en renouvelant des excuses.

Mais il a nié avoir tenu des propos sexistes et racistes ou avoir été violent ou agressif. Après avoir enchaîné les verres avec son ami, le sénateur de Haute-Savoie Loïc Hervé - pas mis en cause dans cette affaire -, les hommes invitent des jeunes femmes à danser et leur proposent de leur payer à boire. Pendant ses explications, Jean-Vincent Placé a contesté toute arrière pensée raciste.

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