Pussy Riot. La Russie a commis de " multiples violations "

Pierre Vaugeois
Juillet 20, 2018

La mise en ligne de la vidéo intervient le jour de la condamnation de la Russie par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour de "multiples violations" à l'encontre des Pussy Riot en 2012.

Une telle condamnation qui "forcément produit un effet dissuasif sur l'exercice par elles de leur liberté d'expression" n'était "pas nécessaire dans une société démocratique", conclut la Cour.

Dans un premier arrêt, la CEDH saisie par la famille d'Anna Politkovskaïa, a condamné la Russie pour n'avoir pas "mis en oeuvre les mesures d'enquête appropriées pour identifier le ou les commanditaires du meurtre" de la journaliste russe.

Les juges de Strasbourg soulignent que les autorités russes ont élaboré une "théorie principale" impliquant un homme d'affaires résidant à Londres et aujourd'hui décédé sans qu'aucune pièce n'ait jamais été présentée pour étayer cette hypothèse.

Plus de dix ans après cet assassinat qui avait ému le monde entier, les commanditaires n'ont toujours pas été identifiés par la justice russe. La journaliste, âgée de 48 ans, avait été abattue par balles, le 7 octobre 2006, dans le hall de son immeuble à Moscou. Il avait été également condamné à la perpétuité et purge sa peine.

Les trois jeunes femmes avaient été condamnées à deux ans de prison pour "hooliganisme motivé par la haine de la religion" après avoir chanté une "prière punk" dirigée contre le président Poutine dans la basilique du Christ-Sauveur à Moscou.

Les requérantes, Maria Alyokhina, Nadejda Tolokonnikova et Ekaterina Samoutsevitch, obtiennent un total de 32.000 euros en réparation de leur préjudice moral. Elles y étaient en outre "cernées par des policiers armés et placées sous la garde d'un chien", a relevé la Cour.

Et "pour la simple raison que celles-ci avaient porté des vêtements de couleurs vives, fait des mouvements de bras, lancé leurs jambes en l'air et utilisé un langage ordurier, les juridictions internes ont prononcé une sanction d'une sévérité exceptionnelle", souligne la Cour. Dimanche soir, quatre membres des Pussy Riot ont fait irruption sur la pelouse moscovite de la finale de la Coupe du monde de football.

Lundi, trois autres membres du groupe ont écopé de quinze jours de prison pour avoir brièvement interrompu la finale entre la France et la Croatie, dans le but de demander la libération de tous les "prisonniers politiques". L'arrêt, rendue à la majorité de cinq juges contre deux, est susceptible d'appel.

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