" "RSF " inquiet " de la candidature du Rwanda, qui " réprime les journalistes " — Francophonie

Claudine Rigal
Juillet 12, 2018

Louise Mushikiwabo est l'une des figures favorites pour prendre les rênes de l'OIF lors du prochain sommet de cette organisation, qui se tiendra en octobre.

"En effet, le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018, révèle que le Rwanda est 156e (sur 180 pays classés)".

Actuellement en difficulté dans la course pour sa réélection, Michaëlle Jean, la canadienne d'origine haïtienne qui gère les destinées de l'organisation internationale de la francophonie a dénoncé récemment ce qu'elle considère comme un acharnement de la presse contre sa personne.

Selon RSF, " censure, menaces, arrestations, violences, assassinats...

Pour le responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger qui a livré son ressenti à la presse, il juge "incompatible" que Mushikiwabo qui détient une "lourde responsabilité en matière d'atteinte à la liberté de la presse, et d'atteinte aux droits de l'Homme en général au Rwanda", puisse " assurer un mandat de défense de la liberté de la presse, de défense des médias et des journalistes ".

" C'est la capacité de l'OIF à défendre les médias et les journalistes libres comme acteurs incontournables du développement dans l'espace francophone qui est en jeu ".

L'élection du prochain SG de l'OIF aura lieu à l'occasion du Sommet de la Francophonie prévu en octobre prochain à Erevan, en Arménie.

L'ONG explique sa position ce mercredi dans un communiqué, assurant que "le régime dirigé d'une main de fer par (le président) Paul Kagamé depuis 2000, et dont Louise Mushikiwabo est ministre depuis près de 10 ans, dispose de l'un des pires systèmes de répression à l'égard des médias et des journalistes". L'actuelle ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement rwandais a déjà reçu le soutien public du président français Emmanuel Macron et de l'Union africaine.

RSF a recensé 8 journalistes tués ou portés disparus au Rwanda depuis 1996. Ces dernières années, le nombre d'exactions enregistrées par notre organisation a baissé mais la censure reste omniprésente et l'autocensure la règle pour éviter de faire partie du tableau de chasse du régime. Les programmes très écoutés de la BBC en Kinyarwanda sont suspendus depuis 2015, après que la chaîne a diffusé un documentaire évoquant des massacres provoqués par le Front patriotique rwandais (FPR) au moment du génocide des Tutsis de 1994. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

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