Série de mises en examen en vue, crise politique ouverte — Affaire Benalla

Pierre Vaugeois
Juillet 22, 2018

L'ex garde du corps d'Emmanuel Macron avait été placé en garde à vue vendredi.

Le parcours d'Alexandre Benalla est tellement inédit et choquant qu'il suscite apparemment les hypothèses les plus extravagantes. En mai dernier, il avait été sanctionné par une mise à pied de deux semaines, quand l'Elysée avait été mis en courant de ces violences.

En outre, on a aussi appris que la femme et l'homme frappés par Alexandre Benalla ont été identifiés et ont demandé à être entendus ultérieurement par les enquêteur.

07h57: Au Palais Bourbon, les débats sur le projet de révision constitutionnelle n'ont pas avancé d'un pouce et la séance nocturne a été annulée samedi soir et reprendra dimanche à 9h30. Il devait passer le week-end à travailler à Paris ou à La Lanterne près de Versailles. Dès jeudi, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire pour "violences par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions" et "usurpation de signes réservés à l'autorité publique".

Les trois policiers suspendus pour avoir transmis des images de vidéo-surveillance à Alexandre Benalla, le collaborateur d'Emmanuel Macron filmé en train de frapper un manifestant le 1er mai, ont été placés en garde à vue ce samedi 21 juillet dans la matinée, a annoncé le parquet de Paris. Cette affaire a provoqué samedi soir dans les couloirs de l'Assemblée nationale où la présidente du RN (ex-FN) a interpellé le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner notamment pour son absence dans l'hémicycle.

Son domicile d'Issy-les-Moulineaux, dans le Hauts-de-Seine, a également été perquisitionné dans la journée de samedi. Gérard Collomb doit être auditionné lundi matin par l'assemblée Nationale. Gérard Collomb avait alors pensé que "tout était réglé", et n'aurait redécouvert l'affaire qu'avec les révélations du Monde, mercredi. Invité comme observateur dans le dispositif policier encadrant les défilés de la Fête du travail, celui-ci a été filmé frappant ou malmenant des manifestants. Ce dimanche, Alexandre Benalla, Vincent Crase et les trois hauts gradés de la police vont être présentés à un juge d'instruction.

Les ténors de l'opposition sont montés au front pour demander au président "des comptes", selon les mots de Laurent Wauquiez (LR).

Pour Jean-Luc Mélenchon, qui s'est exprimé dans Le Monde, l'affaire Benalla "est du niveau du Watergate", qui a abouti en 1974 à la démission du président américain Richard Nixon.

Une information judiciaire doit être ouverte ce dimanche pour faire la lumière sur les conditions dans lesquelles l'ancien chef adjoint du cabinet du chef de l'Etat a participé aux opérations des forces de l'ordre, coiffé d'un casque de police, lors des manifestations du 1er-Mai, à Paris. Alexandre Benalla était "accompagné ce jour-là de Monsieur Vincent Crase, un gendarme réserviste, par ailleurs employé de la République en marche, très ponctuellement mobilisé, comme d'autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République", indiquait-il, affirmant dans la foulée qu'il avait été "mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République".

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