Sommet de l'Otan : Trump s'en prend violemment à l'Allemagne

Claudine Rigal
Juillet 12, 2018

Le président des États-Unis Donald Trump a attaqué frontalement l'Allemagne d'Angela Merkel qu'il a accusée de ne pas tenir ses engagements et d'enrichir la Russie.

Elle a fait cette déclaration en réponse aux critiques d'il y a quelques heures de Donald Trump, qui, lors de son petit-déjeuner avec le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, avait reproché à l'Allemagne d'importer une quantité de gaz naturel de la Russie.

Le président américain a dénoncé à plusieurs reprises le projet de doublement du gazoduc Nord Stream reliant directement la Russie à l'Allemagne.

Selon des chiffres publiés mardi, sept pays seulement - le Royaume-Uni, la Grèce, la Lettonie, l'Estonie, la Pologne, la Lituanie et la Roumanie - devraient atteindre en 2018 l'objectif de 2 % du PIB, en dehors des Etats-Unis. Mais Donald Trump, lui, l'a dit sans gants à la quatrième puissance économique mondiale, l'Allemagne dont la cotisation à sa propre défense ne correspond pas aux promesses faites il y a quatre ans. Hier, j'étais fortement déçu par les engagements (promis). "Nous serons en mesure de discuter avec lui pendant le sommet de la relation entre l'Otan et la Russie". Elle en a par ailleurs profité pour annoncer que son pays portera ses dépenses militaires à 1,5% de son PIB d'ici à 2024, ce qui représente tout de même une augmentation de 80% en anticipant une croissance linéaire du PIB allemand. Le partage du fardeau financier, risque d'affaiblir la crédibilité de l'Alliance.

Selon le président américain, les pays membres de l'OTAN ont accepté de consacrer globalement 33 milliards de dollars de plus dans leur budget militaire. Pour Trump, "l'Allemagne est un pays riche".

Jeudi, les alliés de l'Otan vont s'efforcer à Bruxelles de calmer l'atmosphère tendue de la veille en se concentrant sur l'élargissement à l'Est, source de tensions avec Moscou, et la question du soutien à l'Afghanistan. "Elle peut augmenter sa contribution dès demain sans problème", a-t-il affirmé.

Le président américain, arrivé très remonté à Bruxelles, avait ouvert les hostilités avant même le début du sommet en s'en prenant avec une virulence inédite à Berlin.

Pour l'avenir de l'Organisation, Emmanuel Macron a insisté sur quatre priorités: la "crédibilité des moyens de défense collective", "l'efficacité dans la lutte contre le terrorisme et dans les opérations", "la modernité dans la gestion des ressources", pour laquelle l'Otan doit être "exemplaire", et "l'unité de l'Alliance", a précisé la présidence française. "Il est important que l'Otan reste unie", a plaidé J. Stoltenberg.

"90% des coûts de l'Otan sont pris en charge par les Etats-Unis". Mais il réclame aussitôt à ses alliés de porter leur effort militaire à 4 % du PIB, le double d'un l'objectif que l'Otan ne parvient toujours pas à faire appliquer.

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