Trump menace désormais de quitter l'OTAN

Claudine Rigal
Juillet 12, 2018

Trump avait entre-temps radicalement changé de ton, louant ses "très bonnes relations" avec l'Allemagne après ce tête-à-tête. Depuis Barack Obama, les États-Unis ont désormais une autre priorité stratégique que la protection de l'Europe: l'hyperpuissance de la Chine.

Sur une "photo de famille" prise au sommet de l'Otan à Bruxelles, les Européens regardent tous dans la même direction (à gauche) sauf Donald Trump, qui s'est tourné dans le sens opposé. "Ce n'est pas normal", a lâché le président américain.

"L'exigence de Trump n'est pas sérieuse et ne s'inscrit pas dans la politique officielle des Etats-Unis".

A leur arrivée, jeudi matin, pour des réunions dédiées à l'Ukraine, la Géorgie, l'Afghanistan et l'Irak, les dirigeants de l'Otan se sont efforcés de souligner l'ambiance "positive" des échanges. C'est pour cela que Donald Trump est attentif au budget de défense de chacun des pays membres. Mardi soir, Trump l'a asséné sur Twitter, allant même plus loin: "De nombreux pays de l'Otan, que nous sommes censés défendre, non seulement ne tiennent pas leur engagement de 2 % (ce qui est bas), mais sont défaillants depuis des années dans leurs paiements qu'ils ne versent pas".

Selon nos informations, le premier ministre Justin Trudeau a pris part à cette rencontre qui s'est terminée peu avant midi (6h, heure de Montréal), jeudi.

Les tensions au sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) étaient pourtant fortes. "Et certains d'entre eux vont signer un contrat de gazoduc avec la Russie et des milliards de dollars vont dans leurs caisses", visant explicitement Berlin et le projet de gazoduc Nord Stream 2 qui doit relier la Russie à l'Allemagne via la Baltique, un projet qui inquiète Washington. Ceux-ci figureront dans la loi de programmation militaire, qu'il promulguera vendredi et qui prévoit que les dépenses militaires atteindront en 2025 les 2% du PIB, le seuil promu par l'Otan.

Devant l'insistance du président américain, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg a convoqué une session extraordinaire sur ce sujet. Le président américain n'a eu de cesse de réclamer aux Européens, et à l'Allemagne en particulier, d'accroître leurs dépenses militaires afin de respecter leur engagement de les porter à 2% de leur PIB. La Maison-Blanche a annoncé dans la foulée que Donald Trump allait rencontrer Angela Merkel en marge du sommet.

Ce qui irrite le président américain, c'est l'accord conclu par l'Allemagne avec la Russie pour des livraisons de gaz. À en croire les propos du président américain, l'Allemagne a les mains liées.

Angela Merkel s'est dite "contente d'avoir eu l'occasion d'un échange de vues" avec le président américain.

"Nous sommes des partenaires, nous sommes de bons partenaires et nous souhaitons continuer à coopérer à l'avenir", a assuré la chancelière. De fait, les Européens appréhendaient un sommet de l'Otan acrimonieux et difficile.

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