Verdict attendu après une série de meurtres d'immigrés turcs — Allemagne

Claudine Rigal
Juillet 11, 2018

Le ministère public assure que l'accusée a apporté un soutien logistique important à ses deux compagnons et géré les finances du trio tout en leur trouvant des logements durant les nombreuses années de leur vie dans la clandestinité.

Âgée de 43 ans, elle encourt une peine de prison à perpétuité.

Le tribunal de Munich a également privé l'unique survivante du trio Clandestinité nationale-socialiste ("Nationalsozialistischer Untergrund", NSU), de la possibilité de demander une libération conditionnelle au bout de quinze ans. En novembre 2011, Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt avaient été retrouvés morts par la police, tués par balles dans une caravane juste avant leur arrestation. Huit des victimes étaient turques ou d'origine turque, et le meurtrier avait été surnommé en conséquence "le tueur des kebabs". Figurent aussi une Grecque et une policière. Cette affaire avait bouleversé l'Allemagne et jeté une lumière crue sur les défaillances des services de renseignement intérieur, tout en mettant en évidence le danger sous-estimé des réseaux d'extrême droite allemands.

Elle a également embarrassé le gouvernement allemand, les meurtriers présumés ayant pu agir pendant des années sans être inquiétés. Une affaire qui avait, à l'époque, profondément choqué le pays et pour laquelle Angela Merkel avait exprimé " la honte " de son pays, face à ces crimes.

En effet, les familles ont été accusées à tort, et jamais la piste xénophobe n'a été explorée sérieusement par les enquêteurs. Des documents importants ont également été détruits avant que l'enquête ne soit achevée.

Dix meurtres en sept ans. Après cinq ans de procédure, 435 jours d'audience, les auditions de près de 600 témoins, plaignants, informateurs et experts, un juge statuera sur le sort de Beate Zschäpe, la principale accusée ainsi que ses quatre complices.

Elle nie toute responsabilité dans les meurtres dont on l'accuse: "S'il vous plaît, ne me condamnez pas pour quelque chose que je n'ai ni voulu ni commis", a-t-elle lancé fin juillet au président du tribunal, Manfred Götzl.

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