Volonté commune d'actualiser l'ALÉNA, selon Trudeau — Mexique-Canada

Claudine Rigal
Juillet 3, 2018

Andrés Manuel Lopez Obrador est élu président du Mexique, lundi 2 juillet 2018.

Lopez Obrador devra affronter des défis gigantesques: en plus de lutter contre la corruption, il devra tenir sa promesse de "remettre à sa place" le président Trump, qui a menacé de rompre l'Accord de libre-échange avec le Mexique (Aléna), et estime que le Mexique "ne fait rien" contre l'immigration clandestine venue d'Amérique centrale.

Le candidat de 64 ans a remporté dimanche une large victoire à la présidentielle mexicaine, amenant la gauche au pouvoir pour la première fois dans l'histoire moderne du pays, avec plus de 53% des voix, selon les estimations officielles.

Après deux échecs successifs, Lopez Obrador a obtenu une victoire écrasante à la présidentielle.

"AMLO" lui a répondu qu'il souhaitait une relation d'"amitié et de coopération" avec les Etats-Unis.

Morena, la coalition d'Andrés Manuel Lopez Obrador, obtiendrait aussi la majorité des sièges à l'Assemblée ainsi que la mairie de Mexico, où une femme, Claudia Sheinbaum, a été élue pour la première fois.

Lundi, alors qu'un peu plus de 50% des bulletins de vote avaient été dépouillés, la coalition "Ensemble nous ferons l'Histoire" (Juntos Harmemos Historia), conduite par Morena avec le Parti du travail (PT) et le Parti rencontre sociale (Partido Encuentro Social), obtenait 213 sièges de députés sur les 500 en jeu. Près de 63 % des 89 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes pour ce scrutin historique. "Je ne vous décevrai pas!", leur a-t-il promis.

Trois instituts de sondage placent l'ancien maire de Mexico en tête avec plus de 40% des voix, et le quotidien El Financiero le crédite de 49% des suffrages contre 27% pour le jeune conservateur Ricardo Anaya, et 18% pour Jose Antonio Meade, du parti au pouvoir (PRI), qui arrive en troisième position. Ricardo Anaya et Jose Antonio ont d'ores et déjà reconnu leur défaite et la victoire de Andrés Manuel Lopez Obrador.

Lopez Obrador aura su capitaliser sur l'exaspération d'une grande partie des Mexicains, et se présenter en candidat des plus modestes, bien décidé à chasser "la mafia du pouvoir", incarnée par l'impopulaire président Enrique Peña Nieto. Le principal défi du président "sera d'accomplir ce qu'il a promis, et ce qu'il a promis est une utopie", a commenté à l'AFP l'analyste politique Jose Antonio Crespo.

Trudeau avait indiqué début juin son refus de négocier un accord commercial bilatéral avec les États-Unis, comme souhaité par le président américain Donald Trump, qui ne cesse de critiquer l'ALÉNA.

Tout au long de la campagne, la violence a été au coeur des débats, mais elle a aussi touché de nombreux candidats ou militants sur le terrain.

"AMLO" a promis d'éradiquer la pauvreté qui alimente ces violences, et promis une amnistie controversée aux petites mains des groupes criminels, dans l'espoir de ramener la paix sociale dans le pays.

Le pays a enregistré l'an dernier un chiffre record de 25.339 homicides et le processus électoral a été "le plus sanglant" de l'histoire du Mexique, avec au moins 145 assassinats d'hommes politiques, selon le cabinet d'études Etellekt. Dimanche, au moins deux militants ont encore été tués.

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