Après un simple shooting, la photo de cette sud-africaine se retrouve dans le monde entier

Xavier Trudeau
Août 3, 2018

Petit à petit, Shubnum se rend compte que cette photo est utilisée par une cinquantaine de marques pour des publicités en tout genre: pour McDonald's, pour un site de rencontre, pour des voyages, en Chine, au Maghreb, au Cambodge.

L'histoire de Shubnum Khan fait froid dans le dos.

Comme elle l'explique à la BBC, tout commence en 2012, lorsqu'une de ses amies poste sur son mur Facebook une photo tirée d'une publicité sur l'immigration. Pourtant, vous ne connaissez ni son nom ni ce qu'elle fait dans la vie. Surtout quand il s'agit d'une séance photo. Mais un jour, un ami vivant au Canada reconnaît son visage sur une campagne pour promouvoir l'immigration. Perplexe, elle se souvient avoir été photographiée deux ans plus tôt avec une centaine d'autres personnes pour un projet appelé " 100 Faces shoot ".

Et la jeune trentenaire de terminer son récit par quelques conseils aux internautes: "Ne vous inscrivez pas à des séances photos gratuites, lisez ce que vous signez et ne croyez pas la plupart des choses que vous lisez sur internet". Et Shubnum Khan comprend que les trois portraits qu'elle avait acceptés il y a quelques années - "Je pensais que ce serait pour un portofolio ou un projet artistique" - ont finalement été vendus dans une base de données. J'en ai vu plus de 50 différentes. "Je ne comprenais pas pourquoi mon visage était dans un journal à l'autre bout du monde". La jeune femme contacte alors le photographe, qui l'informe qu'elle a signé un document indiquant qu'elle renonçait à ses droits pour ce cliché. Une photo parfois retouchée, et souvent accompagnée de faux témoignages avec des prénoms différents.

"Le plus choquant, c'est de me voir dans des publicités qui proposent de cours particuliers ou des gardes d'enfants, déclare la Sud-Africaine à qui veut l'entendre". Qui était vraiment avec ces gamins? Depuis plusieurs années, elle découvre fréquemment son visage dans des pubs. On pense que ce n'est rien mais c'est signer pour perdre son visage. Je l'ai donné pour rien.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL