Brexit: le risque d'une absence d'accord est "inconfortablement élevé" (Banque d'Angleterre)

Xavier Trudeau
Août 5, 2018

"Les perspectives à court terme ont évolué largement" selon les précédentes prévisions de la Banque, ce qui a conduit son comité de politique monétaire (CPM) à voter "à l'unanimité" de ses neuf membres pour une hausse du taux.

Les économistes interrogés par Reuters s'attendaient à ce que les responsables monétaires britanniques relèvent le taux directeur mais à une majorité de sept voix pour et deux contre.

La livre sterling a très brièvement rebondi face au dollar après l'annonce, avant de repartir à la baisse pour s'échanger à environ 1,30 dollar par livre, en repli de 0,7 %.

C'est la semaine des banques centrales, après celle du Japon mardi et la Fed hier, c'était au tour de la Banque d'Angleterre d'intervenir cet après-midi, à 13h, et la BOE n'a pas surpris le marché, en augmentant ses taux de 0,5 à 0,75%.

La croissance de l'économie britannique a ralenti depuis le vote en faveur du Brexit en juin 2016. En mai, la BoE avait abaissé ses attentes à 1,7%.

Elle s'attend à une croissance de 1,8% en 2018 contre une prévision de 1,7% précédemment.

La prévision de hausse des salaires pour cette année a été légèrement abaissée par rapport au mois de mai à 2,5% en rythme anuel. Tiraillés entre le risque de pressions inflationnistes et celui dune sortie de lUE sans accord, la banque centrale estime néanmoins être "bien préparée " aux "différentes issues possibles du Brexit ". Nous ne sommes pas d'accord avec cela et pensons que les taux resteront inchangés pour le moment.

Le gouverneur de la BoE, Mark Carney, a déjà dit que les perspectives de remontée des taux ne seraient plus de mise en cas de Brexit sans accord.

Sur la plan international, le CPM a souligné que "les politiques protectionnistes actuelles et futures commencent à avoir un impact négatif", en référence à la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis.

Jeudi, l'institution a décidé à l'unanimité, et sans surprise, de relever son taux d'intérêt de 0,25 point à 0,75%, pour la deuxième fois depuis la crise financière, se gardant des marges de manoeuvre pour affronter les potentielles turbulences du Brexit.

Après prise en compte de l'objectif d'inflation de la BoE de 2%, le taux directeur devrait donc se situer entre 2% et 3% au maximum pour garantir la poursuite d'une croissance sans tensions inflationnistes quand l'économie tourne à plein régime. "Il y a d'autres scénarios où il pourrait être nécessaire de baisser les taux d'intérêt", a-t-il précisé.

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