Ce que le couple agressé a dit à la police — Affaire Benalla

Claudine Rigal
Août 7, 2018

Non, le jeune couple molesté par Alexandre Benalla sur la place de la Contrescarpe le 1er mai n'a pas menti sur son identité. Selon les informations du Monde du 7 août, leur casier judiciaire est vierge et ils n'ont pas provoqué de violences "graves" et "répétées" contre les CRS.

LIRE AUSSI 1er mai, Assemblée. L'identité du jeune homme, elle, a été recueillie lors de son arrestation. S'ensuit la scène qui a tourné en boucle dans les médias ces dernières semaines. Et indique que les deux jeunes de la Contrescarpe ne possédaient pas d'antécédents judiciaires. C'est Philippe Mizerski, le policier en civil que l'on voit passif face aux agissements de Benalla et de Crase qui a recueilli les informations concernant la jeune femme (qu'il maintenant à quelques mètres du lieu où son compagnon se faisait molester, malgré ses cris).

Dans une première lettre datée du 26 juillet, consultée par Le Monde, Frédéric Dupuch, directeur de la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP), déplore ainsi que le jeune couple n'ait pas été déféré. Le haut gradé affirmait devant les élus que le jeune couple de manifestants, victime des coups d'Alexandre Benalla, "n'avaient pas de papiers sur eux" et avaient "déclaré de fausses identités". Le Monde de mardi révèle des éléments de l'enquête de François Molins, le procureur de Paris en charge du dossier, qui fragilisent les déclarations du préfet de police de Paris, Michel Delpuech, le 25 juillet dernier devant la commission des lois de l'Assemblée nationale. D'après lui, "priorité [avait] été donnée aux individus suspectés d'avoir participé aux actions les plus violentes, porteurs d'armes, de vêtements noirs, foulards, accessoires de dissimulation, c'est-à-dire les potentiels membres des black blocs", ces groupes de casseurs présents par centaines ce jour-là et responsable de nombreuses dégradations dans la capitale.

Le quotidien s'appuie sur des courriers adressés au procureur de la République de Paris François Molins par deux services de police, qui indiquent qu'aucune poursuite n'avait été engagée contre les deux manifestants car leurs fiches d'interpellation ne faisaient "pas état d'infractions de violences volontaires graves ou répétées" à l'encontre de la police "ou d'atteintes particulières ou dangereuses".

Sur la fiche en question, rédigée par Maxence Creusat, l'un des policiers mis en examen pour "violation du secret professionnel" et "détournements d'images", il est indiqué que le CRS visé par les projectiles des deux jeunes "ne dépose pas plainte", et que le jeune homme a décliné son identité: date de naissance, nom et prénom.

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