Erdogan appelle au "boycott" des appareils électroniques américains — Turquie

Xavier Trudeau
Août 14, 2018

Le président turc est reparti ce mardi à la charge contre les Etats-Unis accusé d'avoir provoqué le chute de la livre turque, en annonçant le boycott des produits électronique américain.

Rappelons que Donald Trump avait décrété récemment le doublement des taxes sur l'aluminium et l'acier en provenance de Turquie.

"Nous allons boycotter les produits électroniques américains", a annoncé Erdogan dans un discours, précisant que "s'il ont des iPhones, il ya des Samsung de l'autre côté, a-t-il ajouté en allusion à sa menace de se tourner vers d'autres partenaires".

"Si nous retardons nos investissements, si nous convertissons notre monnaie sur les marchés des changes parce qu'il y a un danger, alors nous cédons à l'ennemi", a poursuivi Erdogan. Après plusieurs mois de tensions, les relations bilatérales ont viré à l'orage le mois dernier au sujet de la détention en Turquie d'un pasteur américain, Andrew Brunson. Les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre deux ministres turcs et Ankara a répliqué avec des mesures similaires.

Les déclarations du chef de l'Etat turc font écho à un mot-dièse devenu viral sur les réseaux sociaux en Turquie lundi, #ABDyeReklamVerme, "Ne faites pas de publicité aux Etats-Unis".

Pour la seule journée de vendredi, la livre a cédé 18% face au billet vert avant de reprendre des couleurs mardi en début de journée où elle s'échangeait 6,53 pour un dollar.

Erdogan a affirmé également que son pays va prendre les mesures nécessaires pour stabiliser sa situation économique et maîtriser la dépréciation de la livre turque par rapport au dollar et à l'euro. La banque centrale turque a promis par la suite de fournir une réserve de liquidité et de baisser le coefficient des réserves obligatoires pour les banques.

Le gendre du président, Berat Albayrak, à la tête du ministère des Finances, avait annoncé dimanche soir dans une interview au quotidien progouvernemental Hürriyet que les "mesures nécessaires" seraient prises lundi "pour soulager les marchés". Outre ces problèmes diplomatiques, les économistes s'inquiètent de la mainmise sur l'économie du président truc qui s'est renforcée après sa réélection en juin dernier.

Cette grave crise entre Washington et Ankara a été provoquée par la détention pendant un an et demi puis l'assignation à résidence fin juillet du pasteur américain Andrew Brunson.

Et l'avocat turc du pasteur a indiqué mardi à l'AFP qu'il avait à nouveau fait appel de l'assignation à résidence de son client.

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