Fin de vie: Marie Humbert, mère de Vincent, s'est éteinte

Claudine Rigal
Août 5, 2018

La mère de Vincent Humbert est décédée dans la nuit de samedi à dimanche des suites du maladie pulmonaire.

Selon RTL, Marie Humbert était hospitalisée depuis plus d'un an dans une clinique de l'Eure, où elle est morte. "Marie a été meurtrie, notamment par les promesses non tenues par les politiques de l'époque", confie ce proche de la famille Humbert à Normandie-actu. Il y a 15 ans, cette mère de famille avait aidé son fils, Vincent, à mourir.

Marie Humbert était une femme "poignante qui a tout sacrifié au moment de l'accident de son fils pour être auprès de lui", déclare ce dimanche son amie, la députée Brigitte Bourguignon.

L'"Affaire Humbert" au début des années 2000 avait relancé le débat sur la fin de vie en France.

"C'est cette affaire très médiatisée, qui avait provoqué, en 2005, l'adoption de la première " loi Leonetti", après la création d'une " mission parlementaire sur l'accompagnement de la fin de vie " par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Tétraplégique, muet et quasiment aveugle à la suite d'un accident de la route, mais disposant de ses facultés intellectuelles, Vincent Humbert meurt le 26 septembre 2003. Le chef de l'Etat lui avait répondu: "je ne peux vous apporter ce que vous attendez".

Inspirée par cette affaire, la loi Leonetti votée en avril 2005 a instauré un droit au "laisser mourir" mais sans permettre l'euthanasie active.

En septembre 2003, deux jours après l'avoir annoncé sur TF1, Marie Humbert a injecté à son fils, avec l'aide du médecin Frédéric Chaussoy, une potion létale qui entraînera la mort du jeune homme. Vincent avait alors été plongé dans le coma et c'est finalement le docteur Frédéric Chaussoy qui avait débranché son respirateur. Poursuivis, la mère et le médecin bénéficieront d'un non-lieu en février 2006. Les médecins peuvent décider collégialement "de limiter ou d'arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n'ayant d'autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie".

" Tous les intervenants de cette affaire, Vincent le premier, Marie et moi, on a œuvré pour qu'on ait quelque chose: maintenant c'est la loi Leonetti, ça n'a rien de parfait, il faudra sans doute la faire évoluer. Mais enfin, c'est à cause ou grâce à nous que la législation française a pu évoluer ", a-t-il ajouté.

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