Hommage : les toques du monde s'inclinent devant Joël Robuchon

Pierre Vaugeois
Août 18, 2018

Sur un poster géant accroché à la façade de la cathédrale de Poitiers, sa ville natale, Robuchon surplombe le gratin de la gastronomie française dont il fut l'un des meilleurs éléments. C'est ainsi que des amis de Joël Robuchon se sont réunis dans un restaurant de Saint-Benoit, la commune où il avait une demeure familiale, avant l'hommage à la Cathédrale de Poitiers.

"Joël Robuchon, c'était par essence le grand cuisinier universel". Parmi eux, Guy Savoie, Alain Ducasse ou encore Thierry Marx et Yannick Aleno. Pour représenter Paul Bocuse, l'autre grand chef français mort cette année en janvier, sa fille Françoise Bernachon-Bocuse effectuera, elle aussi, le déplacement à Poitiers, selon un porte-parole du groupe. "Il représentait aussi ce symbole du travail de la main, de l'artisan", confie Michel Guérard, le chef d'Eugénie-les-Bains (Landes). "Il était un artisan hors pair, un palais d'exception, l'excellence dans la simplicité", a raconté, la voix secouée par l'émotion, le chef Éric Briffard, ancien second de Robuchon.

Le fils franco-japonais du chef défunt, Louis Robuchon-Abe, ainsi qu'une délégation japonaise, pays dans lequel Joël Robuchon avait ouvert trois restaurants étoilés, ont également assisté à la cérémonie.

Hirohisa Koyama, 69 ans, chef japonais avec 5 restaurants à Tokyo et Osaka, collaborait avec Robuchon depuis 30 ans et a fait le voyage.

Dans l'assistance, à côté des anonymes, des dizaines de vestes blanches de cuisinier, ou noires pour les employés des ateliers Robuchon, des cols bleu-blanc-rouge pour les titulaires du titre de Meilleur Ouvrier de France... Au Japon on nous demande de plus en plus de cuisine française. Les obsèques de Joël Robuchon, qui a succombé à un cancer à Genève, ont déjà eu lieu la semaine dernière dans la plus stricte intimité, selon le vœu de la famille. "En France je ne sais pas, mais au Japon il est le Dieu de la cuisine française", dit-il en japonais, traduit par sa fille. "Ton empreinte et ta marque sont indélébiles", a -t-il lancé sous les voûtes gothiques de la cathédrale. "Il ne dissociait pas une vocation professionnelle d'une vocation spirituelle", a dit du très pieux chef le critique gastronomique Périco Légasse. Resté très attaché au Poitou, Joël Robuchon voulait ouvrir à Montmorillon une école internationale de cuisine, un projet aujourd'hui compromis. La cérémonie se tiendra à quelques centaines de mètres d'où la vie de Joël Robuchon avait commencé, dans une maison de la " Grand Rue " où il habitait avec ses parents. Il devait ensuite rejoindre une école cléricale dans les Deux-Sèvres, mais sa découverte de la cuisine allait le détourner de la prêtrise à laquelle il se destinait.

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