Les Etats-Unis imposent officiellement une première salve de sanctions à l'Iran

Claudine Rigal
Août 7, 2018

En vertu de la décision prise par Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'accord conclu entre six puissances (les cinq membres du Conseil de sécurité plus l'Allemagne) et Téhéran, la majeure partie des entreprises doivent cesser de faire des affaires avec l'Iran à partir du 6 août, au terme d'une phase de transition (wind-down period).

Les sanctions commerciales ont pris effet ce mardi en Iran.

La Russie s'est dite mardi "profondément déçue" par le rétablissement des sanctions américaines contre l'Iran, assurant qu'elle ferait "tout le nécessaire" pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien dont Washington cherche selon elle à "saper" l'application.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a promis que les États-Unis "feraient respecter les sanctions", dont la première vague entrera en vigueur mardi.

Elle sera suivie le 5 novembre d'une seconde série de mesures affectant le secteur pétrolier et gazier, vital pour le pays, ainsi que la Banque centrale.

À quelques heures de l'entrée en vigueur des sanctions qui risquent d'aggraver une économie iranienne à la peine, le président iranien Hassan Rohani a crié lundi soir à la "guerre psychologique" et écarté toute négociation sur un nouvel accord nucléaire réclamé par les États-Unis. "Rohani accuse Washington de " vouloir lancer une guerre psychologique contre la nation iranienne et provoquer des dissensions " parmi les Iraniens".

C'est officiel: l'Iran est de nouveau sanctionné par les États-Unis sur le plan économique. "En revenant au JCPOA [l'accord nucléaire iranien] ", a-t-il déclaré, faisant écho à des propos similaires tenus par un de ses proches conseillers la semaine dernière.

"Le régime iranien est confronté à un choix", a averti Donald Trump dans un communiqué: "Soit il change son attitude menaçante et déstabilisatrice, et il pourra retourner dans le giron de l'économie mondiale, soit il continue sur la route de l'isolement économique".

Avant le rétablissement des sanctions, M. Trump avait dit qu'il restait "ouvert" à un "accord plus global sur l'ensemble des activités néfastes [de l'Iran], y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme".

"Les sanctions contre l'Iran sont officiellement en place". Il a précisé que son pays "avait toujours fait bon accueil à des négociations", mais que les Etats-Unis devaient d'abord prouver leur bonne foi.

Cela porte à 13 le nombre d'appareils réceptionnés par la compagnie iranienne sur une commande de 20 unités passée en 2017 par la compagnie IranAir à la suite de la levée des sanctions liées au programme nucléaire du pays.

M. Trump, très hostile envers l'Iran, reproche entre autres à ce pays son soutien au président syrien Bachar al-Assad, aux rebelles au Yémen ou encore au Hamas à Gaza et au Hezbollah libanais.

Ces derniers jours, plusieurs villes ont été le théâtre de manifestations sporadiques et de grèves, fruits de l'inquiétude grandissante et d'un sentiment de colère envers le système politique. Des responsables accusés de corruption et de spéculation ont en outre été arrêtés.

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