Les Sénateurs rejettent la légalisation de l'avortement — Argentine

Claudine Rigal
Août 9, 2018

Les sénateurs d'Argentine ont comme attendu rejeté le projet de loi sur le droit à l'avortement, après son adoption de justesse par les députés le 14 juin. Des affrontement ont eu lieu dans la soirée entre des pro-IVG et la police.

Le Sénat était le dernier obstacle à la loi légalisant l'avortement, après le vote des députés en faveur du texte au mois de juin. Dans le détail, le texte autorise l'interruption volontaire de grossesse (IVG) jusqu'à la 14e semaine de gestation.

Dans une atmosphère festive, les militants pro et anti-IVG étaient mobilisés en nombre mercredi sur la place du Congrès à Buenos Aires, divisée en deux, à l'image de la société argentine sur la question l'avortement. Dans le pays dont le pape François est originaire, ce sont avant tout des motivations religieuses qui animent ces opposants.

À l'autre extrémité de la place du Congrès, les mines étaient dépitées, les larmes coulaient sur les visages des partisans de la légalisation de l'avortement.

" Avortement légal à l'hôpital ", scandaient un groupe de jeunes femmes, portant des perruques vertes, la couleur du foulard triangulaire symbole de leur lutte. Une poignée de manifestants isolés ont incendié des palettes contre une des deux rangées de grilles séparant les deux camps et lancé des pierres sur les policiers anti-émeutes.

Dans ce pays historiquement très catholique, les sénateurs, qui représentent des régions plus excentrées et plus traditionnelles, sont réputés plus conservateurs que les députés. La capitale et la province de Buenos Aires, plus favorables à l'IVG, y sont moins représentées alors qu'elles abritent plus du tiers de la population du pays.

Quelle est la législation actuelle?

Selon les chiffres du ministère de la Santé, il y a au moins 350 000 avortements illégaux en Argentine chaque année.

Quelles suites pour le droit à l'IVG?

Pourquoi 2020? Car il faut attendre la prochaine législature qui débutera en 2019, mais "il est peu probable que les partis politiques souhaitent reprendre le débat en cette année d'élection présidentielle", souligne L'Express. Cela mérite peut-être un système de démocratie directe.

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