L'Europe finit en baisse, les banques plombées par la crise turque

Xavier Trudeau
Août 12, 2018

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,59% à 5.414,68 points.

Après des plus bas historiques depuis quelques jours pour la livre turque, à la suite de nouvelles sanctions américaines en réponse à l'emprisonnement d'un pasteur américain en Turquie, la BCE s'inquiète en effet de l'exposition de certaines banques européennes à la livre turque. Ce dernier affiche désormais une performance négative (-0,64%) sur l'ensemble de la semaine.

L'indice Stoxx des ressources de base (-1,91%) accuse le repli sectoriel le plus marqué du jour et à Paris, Eramet perd 3,76%, la plus mauvaise performance de l'indice SBF 120.

Pour enrayer la baisse de la devise turque, le président Tayyip Erdogan a appelé la population à échanger leurs devises et leur or contre des livres turques et dit que ceux qui avaient déclaré une "guerre économique" à la Turquie trouveraient à qui parler. À Francfort, le Dax cède 1,27% et à Londres, le FTSE 100 recule de 0,59%.

"Un article du Financial Times indique que la BCE voit BBVA, UniCredit et BNP Paribas comme particulièrement exposées au plongeon de la livre turque et les courtiers souhaitent limiter l'exposition à la monnaie unique", prévenait-on ainsi, dès ce matin, chez ADS Securities. Parmi les noms cités figurent la française BNP Paribas, l'italienne UniCredit et l'espagnole BBVA.

Au-delà du dossier turc, les tensions commerciales entre les Etats-Unis et plusieurs de ses partenaires et les tensions diplomatiques entre Washington et Moscou contribuent également à la nervosité ambiante au moment où la trêve estivale, synonyme de baisse des volumes d'échanges, tend à amplifier les mouvements. Il porte son repli à près de 6% depuis mercredi.

"L'aversion au risque reprend le contrôle, exerçant une pression sur les devises des marchés émergents tout en laissant s'apprécier le dollar, valeur refuge, et le franc suisse", commente Antje Praefcke, chargé de la stratégie changes chez Commerzbank.

L'euro/dollar touche ce matin un plus bas depuis plus d'un an à 1,1460 après avoir violemment cassé la zone des 1,15 tôt ce matin vers 7h05, ce qui a provoqué une accélération de la baisse de la parité.

K+S a chuté de 7,2%, sous le coup de l'annonce la veille par le producteur allemand de sel et de potasse d'une prévision de bénéfice d'exploitation annuel inférieure à celui attendu par les analystes financiers.

Sur le marché pétrolier, le Brent gagne 1,17% sous les 79 dollars et le baril de brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 1,24% vers 67,6 dollars.

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