L'intransigeance de l'UE pousse Londres vers un Brexit sans accord-Liam Fox

Claudine Rigal
Août 7, 2018

Or, on n'en prend manifestement pas le chemin.

LONDRES, 4 août (Reuters) - L'intransigeance de la Commission européenne pousse le gouvernement britannique vers une sortie de l'UE sans qu'un accord ait pu être trouvé sur les relations entre Londres et Bruxelles après le Brexit, estime le secrétaire britannique au Commerce, Liam Fox dans une interview accordée au Sunday Times.

"Nous devons établir les bases pour la conclusion d'un accord, mais si l'UE décide que l'obsession théologique des non-élus doit primer sur le bien-être des citoyens européens, alors c'est un Brexit de bureaucrates - et non pas le Brexit du peuple".

Il a accusé le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, d'avoir retoqué la proposition de sortie britannique - le plan de Chequers - seulement parce qu'elle reposait des solutions qui n'ont "jamais été mises en place auparavant".

Le fameux plan, dit de Chequers du nom du lieu où il a été élaboré, revient créer une zone de libre échange pour les biens et les produits agricoles entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Il propose aussi un mécanisme complexe visant à résoudre le casse-tête de la frontière entre l'Irlande du Nord (au Royaume-Uni) et la République d'Irlande, qui demeure fermement dans l'UE.

Le plan de Chequers, qui avait provoqué la démission de deux poids lourds du gouvernement britannique, en désaccord sur la ligne, fait toujours l'objet de critiques au Royaume-Uni, jusque dans les rangs de la majorité. Ils ne sont plus que 22% à estimer au contraire qu'elle obtiendra un bon accord (ils étaient 55% de cet avis au premier semestre 2017).

Le président français reçoit sur la Côte d'Azur Theresa May pour s'entretenir des négociations sur le Brexit, qui patinent à l'approche du divorce entre Londres et l'Union européenne. Cette disposition est censée permettre la résolution de la question de la frontière irlandaise, mais elle a été rejetée par Michel Barnier [Libération].

Theresa May a eu un entretien suivi d'un dîner privé vendredi avec Emmanuel Macron au Fort de Brégançon. Les deux dirigeants n'ont fait aucune déclaration à la presse mais l'Elysée avait souligné avant leur réunion qu'il n'était nullement question pour la France de se substituer aux équipes de Barnier.

Ces mauvaises nouvelles sur le front des négociations ont poussé différents ministres britanniques à rencontrer leurs homologues européens ces derniers jours.

L'Europe souffrira si "le Brexit se termine mal", a-t-il prévenu.

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