Maduro accuse des députés de l'opposition d'implication dans "l'attentat" — Venezuela

Claudine Rigal
Août 9, 2018

Les images capturées à la télévision en direct montrent Nicolas Maduro et sa femme levant les yeux vers une explosion et des centaines de soldats se bousculant.

Outre M. Borges, le président Maduro a aussi accusé un député de l'opposition vénézuélienne, Juan Requesens, d'être dans le coup.

Maduro a impliqué l'opposant Julio Borges, ancien président du Parlement, actuellement en exil, dans l'"attentat" aux drones chargés d'explosif dont il dit avoir été la cible lors d'une cérémonie militaire samedi dernier à Caracas. Selon lui, leurs noms ont été mentionnés par un militaire en retraite qui est l'une des personnes arrêtées après l'incident de samedi.

"Toutes les déclarations pointent vers Julio Borges, qui vit dans une propriété à Bogota protégé par le gouvernement sortant de Colombie".

Nicolas Maduro affirme que les sanctions américaines contre son gouvernement ont rendu difficile l'importation de médicaments. Le président vénézuélien avait accusé dès samedi le président sortant colombien Juan Manuel Santos d'être derrière l'" attentat " contre lui. Une allégation rejetée catégoriquement par Bogota.

"Tout le monde sait que (l'"attentat") est une mise en scène destinée à poursuivre et condamner tous ceux qui s'opposent à votre dictature", a-t-il lancé mercredi à M. Maduro sur Twitter.

Peu auparavant les annonces du pouvoir, le Parlement vénézuélien, seule institution tenue par l'opposition, a réclamé mardi l'ouverture d'une enquête impartiale sur les explosions des deux drones. Sept militaires ont été blessés.

Juan Requesens, du parti Primero Justicia (la justice d'abord), fondé par Julio Borges, a été arrêté mardi soir par des membres de la police secrète.

" Tout ce que nous savons, c'est que le SEBIN [le service du renseignement vénézuélien] est venu le chercher dans son appartement de Caracas", a déclaré une source proche de Juan Requesens, sous le couvert de l'anonymat.

Le président de l'Assemblée constituante, Diosdado Cabello, a convoqué une session qui aura pour unique ordre du jour la "suppression de l'immunité parlementaire des députés impliqués" dans "l'attentat" contre Nicolas Maduro. L'Assemblée constituante, composée exclusivement de partisans du pouvoir, dispose de pouvoirs quasiment illimités.

Dans une déclaration lue dans l'hémicycle, les parlementaires ont appelé à une "enquête sérieuse, objective, impartiale et concluante qui fournirait des informations précises" sur ces faits.

Le Parlement a également dénoncé l'intention du gouvernement d'utiliser cette affaire de drones afin "de renforcer la persécution politique" de l'opposition.

Il a également dit " rejeter les voies, violentes ou non, qui s'écartent des lignes directrices établies dans la Constitution ".

"Malheureusement, un régime qui utilise la propagande et la désinformation comme méthodes systématiques n'a aucune crédibilité", a estimé le Parlement.

Les députés ont confirmé "leur engagement en faveur de solutions politiques, institutionnelles et pacifiques à la crise actuelle".

"Nous réaffirmons que la lutte politique des Vénézuéliens doit être orientée (.) vers l'obtention d'élections libres, réunissant toutes les conditions démocratiques sous observation internationale", souligne le Parlement. Le résultat a été rejeté par l'opposition et par une grande partie de la communauté internationale qui les considère comme illégitimes.

Tous les voyants économiques au Venezuela sont au rouge vif.

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