Nouveaux billets, entre scepticisme et tensions migratoires — Venezuela

Xavier Trudeau
Août 21, 2018

Le chef de l'Etat socialiste a précisé que le salaire serait "indexé" à la valeur du petro, la cryptomonnaie vénézuélienne avec laquelle le gouvernement entend contourner le manque de liquidités et les sanctions financières de Etats-Unis. "On attend de voir ce qui va se passer", a déclaré Maria Sanchez, une commerçante de 39 ans qui venait d'effectuer un retrait.

Une conférence de presse du syndicat patronal Fedecamaras était prévue en milieu de journée.

" C'est un truc de dingue ", estime Henkel Garcia, directeur du cabinet Econometrica, alors qu'une hyperinflation attendue à 1 000 000 % fin 2018 sévit au Venezuela.

Dans ce pays autrefois très riche, qui détient les plus grandes réserves pétrolières de la planète, le panorama économique s'est considérablement assombri.

Déjà trois des principaux partis d'opposition ont appelé à une grève de 24H mardi contre "des mesures désordonnées et irrationnelles, contradictoires et non viables, qui ne feront qu'accroître le chaos et la crise économique que subit le Venezuela".

Au cours de l'actuel bolivar, le revenu minimum passera de 5,2 millions (moins de 1 dollar au taux du marché noir, qui domine l'économie) à 180 millions (environ 28 dollars, ou 24 euros).

" C'est un premier pas ", a affirmé dimanche l'ex-syndicaliste Andrés Velasquez, dont la formation Causa R participe au mouvement.

C'est le résultat de la mise en place du "nouveau système économique " présenté par le président Nicolas Maduro comme le plan de relance miracle censé sortir le pays du désastre économique dans lequel il ne cesse de s'enfoncer depuis plusieurs années. Un billet de 100 000 bolivars ne vaut donc plus... qu'un bolivar.

"Le déficit s'élève à 20 % du PIB et la dette externe à 150 milliards de dollars, alors que les réserves ne sont que de 9 milliards". Cette fois-ci, il s'agit du " bolivar souverain ".

Le gouvernement du Venezuela a demandé à son homologue brésilien de protéger ses ressortissants après des heurts ayant détruit les refuges d'immigrants vénézuéliens samedi, dans une ville du nord du Brésil. Leur campement a été incendié en représailles, semble-t-il, à l'agression et au vol d'un commerçant.

Lors de cet échange, le ministère vénézuélien a demandé aux autorités brésiliennes des "garanties concernant les citoyens vénézuéliens et de prendre toutes les mesures pour la protection et la sécurité des familles et de leurs biens".

Le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA) Luis Almagro a demandé sur Twitter aux pays de la région de "maintenir les portes ouvertes au peuple du Venezuela, victime de la pire crise humanitaire que le continent ait connue".

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