Onze enfants "affamés" délivrés d’un repaire sordide — États-Unis

Claudine Rigal
Août 10, 2018

Le taudis dans lequel se trouvaient les enfants a été décrit comme "une caravane étroite, enterrée dans le sol, couverte de plastique, sans eau, canalisation ou électricité". Retirés de cette communauté installée dans une zone désertique, ils ont été placés auprès des services locaux de la protection à l'enfance.

Le mandat de perquisition a été délivré en lien avec les recherches du fils d'Ibn Wahhaj, âgé de 4 ans, qui avait disparu en décembre dernier dans l'État de Géorgie. Après plusieurs mois d'enquête, les autorités du comté de Clayton, appuyé par le FBI, ont mené des opérations près de la propriété située à proximité de la frontière avec le Colorado, au centre des Etats-Unis. Le petit garçon aurait apparemment séjourné dans ce taudis quelques semaines avant l'intervention de la police. A ce moment-là, aucun élément ne les pousse à perquisitionner le camp situé sur la commune d'Amelia.

"Nous avons faim et avons besoin de nourriture et d'eau", est-il écrit sur ce message transmis par un tiers.

C'est finalement jeudi 2 août que les autorités locales décident d'aller perquisitionner les lieux avec la certitude que cet appel à l'aide provient de quelqu'un à l'intérieur du camp.

"Je savais absolument que nous ne pouvions pas attendre qu'une autre agence intervienne et nous devions aller vérifier cela dès que possible", a déclaré Jerry Hogrefe, le shérif du comté de Taos. Sur place, la police a découvert les enfants vivant dans "les pires conditions de vie et de pauvreté que j'aie jamais vues", a confié un officier. Tous vivaient dans des conditions absolument horribles dans un camp de fortune. Les enfants ne portaient ni vêtements, ni chaussures et étaient seulement protégés par de vieux bouts de tissus.

Selon les policiers, il s'agissait d'"un complexe de fortune entouré de pneus et d'un mur de terre". Un arsenal d'armes, plus particulièrement des fusils d'assaut, a été découvert sur le territoire de la base.

Armés de fusils d'assaut AR-15 et de quatre pistolets chargés, Siraj Wahhaj et Lucas Morten ont refusé d'obéir aux injonctions verbales mais l'opération s'est terminée sans incident grave ni victimes. Un autre homme, Lucas Morten, a également été interpellé pour avoir hébergé un fugitif. Les trois femmes, certainement les mères des enfants ont été placées en garde préventive, avant d'être interrogées.

Les documents déposés au tribunal par le procureur Timothy Hasson indiquent que la base était "supervisée " par Siraj Ibn Wahhaj, un homme âgé de 39 ans, qui entraînait les enfants à manier des armes pour commettre des fusillades dans les écoles.

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