Présidentielle, la candidature de Jean-Pierre Bemba rejetée — RDC

Evrard Martin
Août 25, 2018

Six candidats exclus de la présidentielle en RDC.

Bemba avait fait un retour triomphal à Kinshasa le 1er août après son acquittement en juin par la CPI dans l'affaire principale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité (18 ans de prison).

Elle a aussi validé la candidature de l'ex-ministre de l'Intérieur et chef du parti présidentiel PPRD Emmanuel Ramazani Shadary, le "dauphin" désigné par le président Kabila et sa coalition Front commun pour le Congo (FCC).

Il vit depuis mai 2016 en Belgique et a été condamné en son absence à trois ans de prison.

Rival malheureux de Joseph Kabila à l'élection présidentielle de 2006, Jean-Pierre Bemba avait quitté la RDC sous escorte des Nations unies en avril 2007 après des combats entre sa milice et l'armée qui avaient fait entre 200 et 300 morts.

Concernant Antoine Gizenga, la CENI évoque le défaut de qualité du signataire, des formulaires de mandat et d'investiture, comme motif d'irrecevabilité de sa candidature.

Pour Moïse Katumbi, opposant congolais également écarté par les autorités de Kinshasa pour cette présidentielle, l'invalidation de Bemba est "inacceptable". Une visite du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait été jugée " inopportune " par l'entourage du président Kabila en juillet.

Selon la loi électorale, les candidats dont les dossiers ont été écartés peuvent saisir la Cour constitutionnelle dans les 48 heures.

Juste avant l'annonce de la commission électorale, l'ensemble de l'opposition au président Joseph Kabila avait lancé un appel à la "mobilisation générale" en accusant "le pouvoir en place" de vouloir "exclure" plusieurs de ses candidats.

Kinshasa a rejeté, le 23 août 2018, la nomination de l'ex-président sud-africain Thabo Mbeki comme "envoyé spécial" en RDC.

La classe politique en RDC croise les doigts et a les yeux tournés vers la commission électorale indépendante.

Nations unies, Afrique du Sud, Union européenne... "Nous ne nous imposons pas", a réagi prudemment une porte-parole de la Monusco. Laquelle est la mission onusienne de tous les superlatifs: deux décennies de présence en 2019, plus d'un milliard de dollars par an, 16.000 hommes sur le terrain.

Le retrait du président Kabila, conformément à la Constitution, a fait baisser la tension, mais les polémiques subsistent sur la " machine à voter " et la validité du fichier électoral. Si le dépôt d'empreinte n'est pas une condition sine qua none à la participation au scrutin, cela n'empêche pas ses membres de s'interroger sur le bon déroulement de l'élection.

Une machine électronique et une urne de la Commission électorale du Congo (CENI), le 1er mars 2018.

Et une petite phrase du président Kabila a ravivé les craintes d'un faux départ chez ses adversaires. " Je ne vous dis pas au revoir, mais à bientôt ", a-t-il glissé devant ses pairs de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC) en Namibie, la semaine dernière.

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