Soumaila Cissé s'autoproclame vainqueur — Présidentielle malienne

Claudine Rigal
Août 15, 2018

Le principal opposant malien de ces quinze dernières années, Soumaila Cissé (69 ans) a annoncé lundi au QG de son parti à Bamako, sa "large avance" sur son challenger de 2013, l'actuel président Ibrahim Boubacar Keita, dit IBK (73 ans), à l'issue du second tour de la présidentielle de dimanche, avant la proclamation des résultats officiels.

Le vainqueur entrera en fonctions début septembre, avec la lourde tâche de relancer l'accord de paix conclu en 2015 avec l'ex-rébellion à dominante touareg, dont l'application accumule les retards.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Ancien ministre des Finances âgé de 68 ans, Soumaïla Cissé accuse le pouvoir malien d'avoir "attaqué" et mis hors service "le système de comptabilisation électorale de l'opposition dans la nuit de dimanche à lundi", alors qu'il avait eu, selon lui, 51,93% des voix contre 47,53% pour le Président sortant.

"Je suis sûr que le vote sera extrêmement positif pour notre camp ce soir donc je suis vraiment très confiant", a dit M. Cissé, ajoutant avoir "rencontré des gens très motivés" à Niafunké, où "il y a un sentiment de confiance extraordinaire qui correspond exactement à tout ce qu'('il a) vu à l'intérieur du pays".

Selon la même source, "cinq hommes ont été libérés sans charges au bout de deux heures", alors que le sixième, un Ivoirien est toujours en détention.

"Ca n'a rien à voir avec le candidat Cissé, absolument rien à voir". Lors du premier tour, le ministère de l'Administration territoriale avait estimé leur nombre à 245 888 en raison de violences, principalement dans les régions du centre du pays. Une enquête a été "ouverte".

Cette fois, quelque 36.000 militaires maliens, soit 6.000 de plus qu'au premier tour, étaient mobilisés pour sécuriser le scrutin avec l'aide des Casque bleus de la Minusma, des forces françaises de l'opération Barkhane et, dans le Nord, où l'Etat est peu ou pas présent, de groupes armés signataires de l'accord de paix.

Hormis ce "cas dramatique", "le scrutin s'est globalement déroulé sans incidents", a jugé le gouvernement.

L'Union européenne a appelé à la "transparence" dans chaque étape de la compilation des résultats.

Des journalistes de l'AFP ont constaté que dans au moins six bureaux de vote de Bamako, les procès-verbaux électoraux avaient été préremplis et signés avant même la fin du vote.

"Ibrahim Boubacar Keïta a répliqué en dénonçant des " manœuvres " de l'opposition visant à faire " croire que nous serions dans une logique de fraude ".

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