Un verre, c'est déjà trop — Alcool

Evrard Martin
Août 25, 2018

La croyance selon laquelle "un ou deux verres par jour sont bons pour vous n'est qu'un mythe" affirme la Dr Emmanuela Gakidou de l'Institut de métrologie et d'évaluation de la santé (IHME, Université de Washington), co-auteure de l'étude.

Publiée cette semaine dans la revue scientifique médicale britannique The Lancet, l'étude est décrite par les chercheurs comme l'une des plus importantes à ce jour, en raison de l'étendue des données utilisées.

"Les résultats suggèrent fortement que les politiques de prévention devraient inciter à la réduction de la consommation totale d'alcool", concluent-ils. Sur les 2,4 milliards de buveurs, la majorité (63%) sont des hommes. L'alcool a causé 2,8 millions de morts en 2016, note-t-elle.

De façon générale, en 2016, la consommation d'alcool était le septième facteur de risque de décès prématuré et d'invalidité dans le monde et la principale cause de décès chez les personnes âgées de 15 à 49 ans (accidents de la route, suicides, tuberculose.). L'alcool est donc associé à près d'un décès sur dix dans cette tranche d'âge.

Des corrélations claires et convaincantes entre consommation d'alcool et mort prématurée.

Une nouvelle étude prônant le "zéro alcool", publiée vendredi dans la revue "The Lancet", démontre que boire un verre d'alcool par jour pendant un an augmente de 0,5% le risque de développer des problèmes de santé liés à l'alcool comme les cancers, les maladies cardiovasculaires, les accidents, les violences, les AVC ou bien encore la cirrhose.

Selon une vaste étude sur la fréquence et l'impact de la consommation d'alcool, responsable de près de trois millions de morts chaque année dans le monde, même boire un verre de vin ou de bière par jour comporte un risque pour la santé.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2010, les Biélorusses sont ceux qui ont consommé le plus d'alcool, avec une moyenne de 17,5 litres consommés par habitant. Seulement, le "zéro alcool" minimaliserait le risque global de maladies, conclut-elle.

Si en France, les hommes boivent en moyenne 4,9 verres par jour et les femmes 2,9 verres. Et pour les femmes ce sont les Ukrainiennes, les Andorranes (Andorre) et les Luxembourgeoises. C'est le cas d'un petit verre de vin rouge (100 ml) à 13 degrés (13 % d'alcool) ou d'un "shot " de whisky (30 ml à 40 %).

En réaction à cette publication, le statisticien Sir David Spiegelhalter, professeur pour la compréhension publique du risque à l'Université de Cambridge rappelle que "Conduire non plus n'est jamais sans danger à 100%", pour autant "le gouvernement ne recommande pas aux gens d'éviter de conduire". "En y pensant, il n'y a pas de niveau de vie sûr, mais personne ne recommanderait l'abstention ", plaisante-t-il.

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