Une femme battue expulsée à cause du bruit — Hauts-de-Seine

Claudine Rigal
Août 14, 2018

Le 6 juillet dernier en effet, elle a été informée par voie d'huissier d'un "commandement de quitter les lieux" avant le 12 septembre.

C'est le journal Le Parisien qui a rapporté l'histoire d'Elodie, travailleuse dans la restauration, 37 ans. Blessée à la main et souffrant depuis d'une atrophie, elle explique qu'il la "rabaissait" et qu'il lui disait que c'était "une fainéante, une menteuse". "En fait, il voulait me garder que pour lui". "Et un jour, enfin une nuit, il est rentré à 4 heures du matin, je dormais, il m'a insultée et après, il m'a mis des claques, des coups au visage". Elodie raconte: "J'ai appelé à l'aide, personne n'est venu". Une décision qui va au final se retourner contre elle. Et un mois plus tard, à la suite d'un nouvel incident, son compagnon est placé en garde à vue. Il ne reviendra pas dans le logement conjugal.

Le Parisien cite la décision du juge du tribunal: "La plainte déposée pour violence conjugale par Madame ne fait que corroborer les troubles". Mère de deux enfants, la jeune femme va donc devoir quitter le trois-pièces dans lequel la famille logeait.

Soulignant le manque d'humanité du juge qui aurait pu renvoyer l'affaire le temps de trouver une solution de relogement, Me Rosset dénonce aussi l'attitude du bailleur "dont le boulot est d'accompagner les gens qui sont dans une situation difficile". La locataire se voit reprocher des "nuisances sonores importantes troublant la jouissance des occupants de l'immeuble" d'après le jugement rendu fin juin par le tribunal d'instance de Colombes. Mais pour l'avocate d'Élodie W., Me Migueline Rosset, "ce qui a fait bouger les choses c'est la presse et l'emballement sur Twitter". "Nous avons fait appel".

La procédure d'expulsion engagée par le bailleur social Immobilière 3F contre une femme battue par son conjoint a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et jusqu'au sein du gouvernement. Comme Monsieur et Madame sont tous les deux titulaires du bail, la résiliation s'applique à eux deux.

Quand on lui demande si les voisin·e·s qui ont porté réclamation contre les cris l'ont aidé, Elodie répond: "Ben les voisins. personne ne venait me voir". Le compte officiel du bailleur à répondu dans un tweet.

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