100 % d'électricité propre d'ici 2045 — Californie

Claudine Rigal
Septembre 14, 2018

"Il n'y a pas de mots pour signifier l'importance qu'un Etat aussi grand et influent que la Californie s'engage à une énergie propre à 100 %", s'est réjoui Michael Brune, directeur du Sierra Club, l'une des plus anciennes organisations de protection de la nature aux Etats-Unis.

L'été aura été suffocant de canicule et de mauvaises nouvelles. Dans l'absence de nouvelles trajectoires, l'humanité pourrait connaître une augmentation de 3,2°C, d'après le thermomètre du Climate Action Tracker. D'après l'AFP, l'Etat du Sud-Ouest vient de faire un nouveau pas vers une politique environnementale assumée et ambitieuse: le gouverneur local, Jerry Brown (démocrate), a ratifié ce lundi 9 septembre une loi adoptée par les élus californiens.

→ La loi, d'abord adoptée par les parlementaires californiens, prévoit une hausse des quotas d'utilisation des énergies vertes. "Ce ne sera pas facile, ce ne sera pas immédiat, mais ce doit être fait", a souligné le gouverneur de la Californie, deuxième État américain - après Hawaï directement menacé par la montée des eaux du Pacifique induite par le changement climatique - à se doter d'une politique aussi volontariste. De plus, la moitié de la production électrique régionale devra provenir de sources d'énergies renouvelables, comme le solaire, l'éolien ou la géothermie, d'ici 2025, et cet objectif sera poussé jusqu'à 60% d'ici 2030.

La production d'électricité représente à l'heure actuelle 16% des émissions de gaz à effet de serre de la Californie. Et a décidé de réduire coûte que coûte les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis, quitte à poursuivre en justice l'administration fédérale.

Le président américain a annoncé l'année dernière que les États-Unis se retiraient de l'accord historique de Paris sur le climat, conclu à l'arraché en 2015. Trois ans après sa signature par 190 pays, les observateurs sont encore plus inquiets. Un rassemblement, au cœur de la Californie, destiné à relancer la mobilisation pour respecter les défis posés par l'accord de Paris.

"La Californie, en tant qu'économie des plus prospères, passe à l'attaque sur le changement climatique".

Si tous les acteurs non-fédéraux, et pas seulement les villes et Etats "écolos", intensifiaient cette dynamique, "nous pourrions nous rapprocher de très près du but fixé par les Nations unies", dit la Californienne Mary Nichols, coprésidente d'America's Pledge, la coalition à l'origine du rapport. "La Californie sera toujours à la pointe de la lutte contre le changement climatique, quelle que soit la personne qui occupe la Maison Blanche", ajoute Kevin de Leon.

Il considère aussi les bénéfices d'une telle transformation.

Il faut savoir que dans le monde, une vingtaine de pays ont adopté des mesures similaires, mais la Californie n'est pas considérée comme un pays en tant que tel. En revanche, The Golden State - le surnom de la Californie - est peuplé par 40 millions d'âmes et n'est autre que la cinquième puissance économique mondiale! "Il y a déjà dix fois plus d'emplois dans ce secteur pour la seule Californie que dans l'exploitation des mines de charbon pour l'ensemble des Etats-Unis", a-t-il affirmé.

A l'issue de l'entretien, quand l'occasion est laissée à Jerry Brown pour envoyer un message à Donald Trump durant le sommet, le gouverneur estime que ce n'est pas le genre d'endroits où Trump est susceptible d'entendre un message.

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