Bombardements intensifs contre Idleb, après l'échec du sommet de Téhéran — Syrie

Claudine Rigal
Septembre 10, 2018

Selon ces même sources, le dirigeant syrien Bachar el-Assad aurait "approuvé l'emploi du chlore gazeux dans la reprise du dernier bastion des rebelles dans le pays" - c'est à dire la province d'Idlib - ce qui serait susceptible de provoquer une riposte de la part des forces américaines, souligne le journal.

Une offensive militaire massive pourrait mener à une nouvelle catastrophe humanitaire, au déplacement de près de 800 000 personnes.

Des hélicoptères de Damas ont lâché plus de 60 barils d'explosifs sur une localité du sud de la province, tuant au moins deux enfants et blessant 6 autres personnes selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Le directeur de l'ONG, Rami Abdel Rahmane, a indiqué que l'armée syrienne poursuit ses bombardements à l'artillerie lourde contre plusieurs positions djihadistes et rebelles, dont certaines ont été désertées. Des femmes portant des enfants ainsi que des vieux se sont réfugiés dans un champ agricole à proximité par crainte d'une frappe, avant qu'un baril d'explosifs ne s'abatte sur le quartier résidentiel.

Depuis jeudi, des centaines de familles ont fui leurs localités dans le secteur sud d'Idleb.

La peur est "immense" parmi les habitants et le personnel médical, a affirmé à l'AFP à Genève le chef des services de santé de la province, Munzer Al-Khalil, disant craindre "la crise la plus catastrophique de notre guerre".

Déterminé à reprendre l'ensemble du territoire, le pouvoir de Damas a massé des renforts aux abords de la province, frontalière de la Turquie et dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), mais qui accueille aussi d'importantes factions rebelles.

"Le gouvernement syrien a le droit de prendre sous son contrôle la totalité de son territoire national, et doit le faire", a fait valoir vendredi Vladimir Poutine, rejetant un appel de son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, à un accord de "cessez-le-feu".

Erdogan appelle à un cessez-le-feu.

La Russie et l'Iran, tous deux alliés du régime de Bachar al-Assad, et la Turquie ont ainsi échoué à surmonter leurs divergences, en convenant toutefois de continuer à "coopérer" en vue d'une solution pour éviter les pertes civiles.

Quelque trois millions de personnes, dont la moitié sont déjà des déplacés d'autres régions de Syrie affectées par de violents combats, vivent dans la province d'Idleb et les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou Lattaquié, selon l'ONU.

Les participants agitaient des drapeaux aux couleurs de la révolution syrienne, avec trois étoiles rouges, et exhibaient les portraits de "martyrs", dans un pays ravagé depuis 2011 par une guerre ayant fait plus de 350.000 morts.

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