ENI et son ex-patron Paolo Scaroni acquittés — Corruption en Algérie

Xavier Trudeau
Septembre 23, 2018

Selon les mêmes sources, le procureur Fabio de Pasquale Giordano Baggio accuse l'ancien proche de Chakib Khelil d'avoir versé plusieurs millions d'euros de pots-de-vin et des rétrocommissions à des responsables italiens et algériens, prélevés sur les 197,9 millions d'euros obtenus via sa société écran Pearl Partners basée à Hong Kong, pour avoir joué les intermédiaires entre Saipem et Sonatrach.

Poursuivi pour avoir versé plusieurs millions de pots-de-vin, l'homme d'affaires algérien a été condamné à cinq ans et cinq mois de prison par le tribunal de Milan. Son compatriote Samir Ouraied a écopé, lui, de 4 ans et 1 mois d'emprisonnement. Mais, les trois Algériens ne se sont pas présentés à la justice italienne qui a émis à leur encontre des mandats d'arrêt internationaux.

Ce versement aurait permis à Saipem d'obtenir des contrats en Algérie pour un total de 8 milliards d'euros.

L'ancien PDG de Saipem, Pietro Tali, a été condamné à 4 ans et 9 mois de prison. L'ex-directeur de Saipem en Algérie, Pietro Varone, a écopé pour sa part de 4 ans et 9 mois de prison et l'ex-directeur financier de Saipem puis d'Eni Alessandro Bernini de 4 ans et un mois.

Il reste libre, comme les autres condamnés, en attendant le procès en appel.

"Il n'y a aucune preuve dans le dossier qu'un sou soit allé à un responsable public algérien", a-t-il déclaré, estimant que sans identification d'un flux financier vers un dirigeant, le délit de corruption n'existait pas.

Selon lui, ces pots-de-vin étaient un "carton d'invitation payé par Saipem pour évincer ses adversaires" et s'assurer "les faveurs du ministre (.) Khelil et sa protection lors des appels d'offres". S'il est cité dans toutes les étapes de l'enquête, l'ancien ministre de l'Énergie, Chakib Khelil, n'a jamais été inquiété. Mais le tribunal de Milan a jugé que le second fait n'était pas avéré.Le tribunal a également rejeté les demandes d'indemnisation de Sonatrach et de l'agence de recouvrement italienne. En Algérie, les poursuites entamées contre lui par le Tribunal d'Alger en 2013 avaient été abandonnées deux ans plus tard!

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