IVG comparé à un homicide: la colère de Buzyn et Schiappa

Evrard Martin
Septembre 15, 2018

Dans un reportage diffusé mardi dans Quotidien sur TMC, le Dr Bertrand de Rochambeau, président du Syngof justifiait son choix de ne pas pratiquer d'IVG par le refus de "retirer des vies".

"Je m'exprime en tant que président du syndicat [des gynécologues et obstétriciens de France] dans une première partie de l'interview et dans la deuxième [partie] on me demande mon point de vue personnel et on le présente comme celui du syndicat", a regretté le gynécologue sur franceinfo.

"Nous ne sommes pas opposés à la loi", a-t-il ajouté, expliquant que "beaucoup de gynécologues font des IVG" et que son syndicat "protège (ceux) qui ne souhaitent pas en faire".

Une clause de conscience permet aux gynécologues de refuser de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse (IVG). Je fais des opérations très difficiles avec mes tripes, donc aux choses auxquelles je ne crois pas, je ne les fais plus.

Moi je fais un métier avec mes tripes.

Lorsque la journaliste de l'émission "Quotidien" lui a objecté que "ce n'est pas un homicide de faire une IVG", le président du Syngof a répondu: "Si, madame".

Depuis janvier 2018, l'hôpital du Bailleul (Sarthe) ne pratique plus d'interruption volontaire de grossesse. "Et si je ne l'ai pas, la loi me protège et ma conscience aussi", répond le médecin.

La dessinatrice Emma publie, elle aussi, une excellente réponse aux propos du gynécologue.

Véronique Séhier, coprésidente du Planning familial, a pour sa part jugé "scandaleux" les propos du médecin, et dénoncé "la clause de conscience (qui) est une entrave aux droits des femmes et à leur santé".

"L'accès à l'IVG se complexifie pour les femmes", en conclut l'Ordre des sages-femmes, qui "appelle à la responsabilité individuelle de chacun afin de ne pas remettre en question ce droit".

Le chef de file des gynécos engendre une polémique sur l'IVG.

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