La CPI affirme ne pas être "dissuadée" par les menaces de Washington

Claudine Rigal
Septembre 11, 2018

L'avenir de la Cour pénale internationale (CPI) qui juge présentement Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé est plus que jamais menacé.

Lundi soir, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump s'est attaqué de front à la Cour pénale internationale - dont les Etats-Unis ne sont pas membres - et menacé ses juges de sanctions s'ils venaient à lancer des investigations contre des ressortissants américains ou contre Israël.

Washington pourrait envisager d'interdire d'entrée sur le territoire américain les juges et les enquêteurs de la CPI, geler leurs fonds et les traduire devant la justice américaine. Mais, la procureure Fatou Bensouda, n'a pas l'intention de se laisser influencer.

L'administration Trump " ripostera " si la CPI entame officiellement une enquête sur les allégations de crimes de guerre commis par les forces américaines en Afghanistan, ajoutera John Bolton, selon le texte d'un discours qu'il prononcera devant un groupe conservateur de Washington et que Reuters a pu consulter.

En novembre dernier, la procureure générale de la CPI, Fatou Bensouda, a déclaré qu'elle allait demander le feu vert pour l'ouverture d'une enquête officielle sur les accusations de crimes de guerre en Afghanistan. "Nous allons prendre des sanctions contre leurs avoirs dans le système financier américain, et nous allons engager des poursuites contre eux dans notre système judiciaire", a-t-il mis en garde. Je veux adresser un message clair et sans ambiguïté de la part du président des Etats-Unis: les Etats-Unis utiliseront tous les moyens nécessaires pour protéger nos concitoyens et ceux de nos alliés de poursuites injustes de la part de cette cour illégitime.

" Nous n'allons pas coopérer avec la CPI, nous n'allons pas lui fournir d'assistance, nous n'allons pas y adhérer". La CPI, basée à La Haye, a pour mandat de poursuivre les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide. Bolton a rétorqué à cette éventualité "La CPI est déjà morte à nos yeux ", avant de se montrer plus précis dans sa menace contre ce tribunal.

La Cour pénale internationale est régie par le Statut de Rome, un traité entré en vigueur en 2002 et ratifié depuis par 123 pays. Les relations entre Washington et la CPI ont toujours été tumultueuses. Pour nous, la CPI est déjà morte.

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